À 21 ans,Andrea
Motis, la jeune trompettiste barcelonaise, sort son premier opus qui,
indéniablement, présente une musicalité aboutie que ses idoles pourraient
envier :Louis Armstrong et Chet
Baker. La jeune chanteuse a déjà conquis un large public. En 2012,Quincy Jonesla remarque et la convie sur scène,
lors du festival de jazz de Barcelone. Spontanéité et virtuosité n’ont pu que
le séduire ! Son histoire est aussi magique qu’un conte. Issue d’une
famille de musiciens possédant une bonne discothèque de jazz, elle n’a que sept
ans lorsqu’elle commence la trompette. Elle étudie le jazz à l’école municipale
de musique de Sant Andreu avecJoan
Chamorrocomme professeur qui
la repère sur une vidéo de l’école, dans le soloBasin Street Blues(pas si facile que ça selon Louis
Armstrong).On ne peut que
remercier son mentor... L’environnement la façonne.À 13 ans, elle pratique
l’instrument déjà divinement bien.
Elle est encore adolescente lorsque Joan
Chamorro l’engage dans son propre groupe. Bonne pioche. Succès instantané. Le
duo ramasse deux Awards d’emblée.En plus de la trompette, Andrea joue également
du saxophone alto. Dans le groupe de Chamorro, elle va devenir chanteuse.
Naturellement, Andrea répondlorsqu’onlui
demande si elle compte rester instrumentiste : « Jouer de la trompette,
c’est comme la méditation, tellement elle fait partie de ma vie. Mais jamais je
ne voudrais choisir une seule facette artistique : je les adore toutes ». SurEmotional Dance,c’est en tant que chanteuse qu’Andrea
Motis nous séduit avec sa voix de contralto possédant un vibrato émouvant... Une vraie révélation.
La reprise deHe’s
Funny That Way,standard de
Lady Day est un véritable hommage aux années swing. Son sens du rythme est confirmé
par son solo de trompette. Le nouvel album propose une bonne part de standards
jazz, dont une écoute passionnante deNever Will I Marry(Franck Loesser), You’d Be So Nice To Come
Home To(Cole Porter),Baby Girl(Eddie Jefferson),I Remember You(Johnny Mercer),Señor Blues(Horace Silver) et pour finirChega de Saudade (Antonio
Carlos Jobim et Vinicius De Moraes).Andrea Motis a grandi et fait preuve
d’une maturité musicale époustouflante. Cet album en est le témoin. Elle
choisit de chanter en catalan sur trois morceaux et en compose trois autres.If You Give More Than You Canest une ballade poignante de sincérité
sur la vie et ses responsabilités. Avec le titre I
Didn’t Tell Them Why, Andrea Motis nous offre un morceau plus léger sur l’éclosion d’un
amour... Sur Save the Orangutan,elle
improvise. Quant au titre éponyme d’Ignasi Terraza de ce disqueEmotional dance,AndreaMotis l’entend à la radio : «On
a pensé que le nom de cette chanson traduisait bien nos sentiments au moment
d’enregistrer notre premier album. Son titre porte tous les changements
positifs, toutes les nouvelles orientations prises avec ma musique, et il
reconnaît en même temps que tout avance dans la bonne direction».
"L’album
est très entraînant, il est presque impossible de ne pas remuer en
l’écoutant. Je pense en particulier à la chanson « Together »
qui reflète bien la pochette du disque, très colorée : en plus de
donner envie de danser, ce morceau met de bonne humeur. "
Un
disque pour rêver ?
Céu - Tropix
"La
douce voix de cette chanteuse brésilienne nous transporte vers des
contrées lointaines, surtout sur « Sangria » qui donne
des frissons. C’est un disque cool et léger à écouter pendant
les vacances, qu’on soit chez soi ou sur la route."
Un
disque pour faire chi*r ses voisins ?
Breton - War Room Stories
"Les
morceaux sont très punchy avec des ruptures rythmiques et des
décalages, c’est un album festif. Le groupe n’hésite pas à
utiliser un mégaphone, à rajouter des sirènes et toutes sortes de
bruits, la basse et la batterie sont très présentes ce qui donne un
côté plus rock aux morceaux et viennent contrebalancer le style
électro. J’avais aussi pensé à un album de Patrick Sébastien si
jamais on déteste vraiment ses voisins, ça peut fonctionner. A
utiliser en dernier recours par contre."
Ils ont tous obtenu une Victoire du
Jazz, après être passés au Saveurs Jazz Festival !
Aux mauvaises langues qui trouvent que la programmation du
Saveurs Jazz Festival fait parfois la part belle à des artistes très (trop ?)
confirmés, je pense à John McLaughlin,
Gilberto Gil, Herbie Hancock, il faut répondre que ces monuments vivants sont des témoignages à
écouter, une page de l’histoire du Jazz, qui sans cesse se construit et se
modifie.
Mais c’est à une autre facette de la programmation que nous
voulons nous (vous) intéresser : les espoirs, la jeune graine !
Quoi de mieux que de consulter le palmarès des Victoires du
Jazz, l’institution qui encourage ou consacre les talents du Jazz d'aujourd’hui… La comparaison entre ce palmarès et la programmation segréenne
est édifiante.
Les Victoires des
Lockwood (1986), Grapelli (1987), Petrucciani (1988 et 1990) situent la valeur
de ces trophées ; mais le Saveurs Jazz Festival n’était pas encore né.
Le passage à Segré de tous ces artistes montre à quel point
le Saveurs Jazz avisé juste : honorer les artistes confirmés, faire découvrir les artistes
de demain.
On peut dire que le programmateur Nicolas Folmer et l'équipe du Saveurs Jazz ont eu du nez ; citons :
Thomas Enhco, au Saveurs Jazz en 2011,
puis Révélation de l’année 2013
Emile Parisien, au Saveurs Jazz en 2014,
puis Artiste de l’année 2014
Airelle Besson, au Saveurs Jazz en 2014,
puis Révélation de l’année 2014
Anne Pacéo, au Saveurs Jazz en 2014, puis
Artiste de l’année 2016
Vincent Peirani, au Saveurs Jazz en 2014,
puis Révélation en 2014 et Artiste de l’année 2015
Stéphane Kerecki, au Saveurs Jazz en
2015, puis Album de l’année 2015
Laurent Coulondre, au Saveurs Jazz en
2013, 2015 et 2016, puis Révélation de
l’année 2016
Pierrick Pédron, au Saveurs Jazz en 2016,
puis Album de l’année 2016
Voici une playlist pour (re)découvrir ces artistes :
N’oublions pas les artistes qui se sont produits au festival
après leur Victoire du Jazz :
Ibrahim Maalouf (Révélation
2011,
Artiste de l’année 2013) venu au Saveurs Jazz en 2014
Didier Lockwood (Victoire 1986) venu en 2012
Nicolas Folmer (Révélation de l’année 2005) en 2012,
2013, 2015, 2016
André Ceccarelli
(Album de l’année 1993, Victoire d’Honneur 2011) venu en 2011 et
2016
Marcus Miller (Victoire d’Honneur 2010) venu en 2015
Maceo Parker (Victoire d’Honneur 2012) en 2014
Richard Bona (Artiste International 2004) venu en 2011
et 2016
Eric Legnini (Album de l’année 2011) venu en 2015
Richard Galliano (Album de l’année 1997) venu en 2010 et
2014
Lucky Peterson (Victoire d’Honneur 2016) en 2015
Souhaitons aux programmateurs de
continuer à si bien faire « leur marché » parmi
la fine fleur du Jazz !
Retour sur le concert de LA TRIBU DES FEMMES le 9 décembre dernier au Cargo à Segré... par la Rédac de Toque & Notes
Nous avons
interviewé Babeth Hérault, musicienne de La Tribu des Femmes (bien connue du Saveurs
Jazz, avec un autre de ses projets : Des Lions Pour Des Lions)
photo JEAN THEVENOUX
ØPrésente-nous rapidement la Tribu des Femmes ? Comment
t’es tu retrouvée dans ce projet ?
La Tribu c'est 7 femmes chanteuses/
musiciennes réunies par Denis Pean (ndlr: de Lo'Jo). On retrouve les sœurs
Nadia et Yamina Nid El Mourid deLo'jo, les jumelles Laura et Gianna Caronni
delas Hermanas Caronni,
les presque sœurs Coline Linder et Oriane Lacaille deTiti Zaro, Denis et moi.
On se croise depuis longtemps avec les Lo'jo : enregistrement d'un
titre sur le dernier album "Cinéma el Mundo" et je joue sur le projetLojo - 310 lunesavec un sextet à vent.
Denis m'a proposé de participer à cet orchestre de femmes pour une
carte blanche qu’on lui offrait dans un festival à Chabeuil en avril 2014. Ça
devait être un one shot. On s’est bien amusé. Depuis l’aventure continue en
jonglant avec les exigences de nos calendriers respectifs.
photo JEAN THEVENOUX
ØComment se passe la collaboration avec Denis Péan ?
Le répertoire de la Tribu est tissé entre les compositions de
Lojo, Las Hermanas Caronni et Titi Zaro. Ces groupes ayant en commun l’amour
des mots et un penchant pour les musiques traditionnelles ethniques, folk de
folklore. C’est ça la World ? Enfin tu vois l idée...
Les arrangements des morceaux se font assez naturellement en
piochant dans le riche instrumentarium que propose "l’orchestre" : violoncelle/violon/ clarinettes/ percussions/ cuivres/ bois et
voix.
De plus il y a là du son de l'Argentine, de La Réunion, de l’Anjou...
une palette de couleurs ! Denis fait le peintre, il est garant de l’équilibre
esthétique, il sait rassembler et faire des choix ! C'est mon avis !
photo JEAN THEVENOUX
ØQuels sont tes projets actuellement, outre Des Lions pour
Des lions qu’on connaît bien :) ?
À part les Lions (on a enregistré en janvier), je joue mon one
Woman Band electro cuivré. Ça s'appelle €lisabeth DaPontcé. L'envie de réunir mes diverses influences en mixant fanfare/musique électronique (que j’avais abordé avec Boîte de Rue),
un brin de pop aussi, le tout tissé autour d’un canevas laissant une large
place à l'improvisation. C'est en chantier, ça se ressert, ça avance. Je vais enregistrer
un nouvel EP au printemps.
Après la belle rencontre avec la Tribu, j'ai rejoint les Titi Zaro qui sont passées de duo à quartet en invitant Antoine David (The Loire Valley Calypsos) à la batterie/percussions et moi.
Je continue aussi de
jouer avec les Grooms (fanfare théâtrale) qui réadaptent des opéras pour la
rue.