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dimanche 7 juillet 2019

3 questions à Thomas Dutronc, en concert ce soir avec les Esprits manouches pour clôturer cette 10e édition !

©Yann Orhan
Qui sont les Esprits manouches et comment vous êtes-vous rencontrés ?
Pour la plupart on se connaît depuis longtemps, on est un peu comme une famille. Jérôme je l’ai rencontré quand j’avais 18 ans, David c’était à la fac à 17 ans, Rocky je l’ai connu quand il avait 15 ans... C’est une vraie fête de se retrouver à chaque fois qu’on fait un concert. Déjà qu’on fait de la musique et qu’on a de la chance, mais là en plus on est tous comme des frères.

Pour vous, qu’est-ce que le jazz manouche ?
Alors le jazz manouche c’est un peu un mot fourre-tout, mais on peut dire qu’il est en rapport avec Django, qui disait cette phrase que j’aime bien : « le jazz m’a attiré parce que j’y voyais une perception de la forme qui faisait défaut aux musiques populaires ». Django était fan de Ravel, de Debussy et de jazz américain. Il était de l’époque des prémices du jazz, il a découvert cette musique complètement nouvelle. Il a entendu les premiers disques de Louis Armstrong, il a rencontré Coleman Hawkins, l’inventeur de l’improvisation au saxophone jazz. Dans le jazz manouche, il y a un amour des belles harmonies, des beaux accords, des accords riches, des accords complexes... Il y a parfois un petit aspect combat de guitares, même si on n’est pas forcé de faire de la mitraillette à la guitare. Il y a de la virtuosité aussi. Certains guitaristes sont capables de nous charmer, de nous hypnotiser. Un autre aspect du jazz manouche qui est génial, qu’on peut comparer au blues ou, j’imagine, à ce que devait être la soul des origines, c’est le côté familial : le grand-père montre des accords, les gosses jouent, tout le monde participe, c’est vivant.

Vous avez collaboré avec de nombreux artistes au cours de votre carrière. Pouvez-vous nous parler d’une rencontre qui vous a particulièrement marqué et qui a influencé votre musique ?
La rencontre qui m’a le plus marqué c’est avec Bireli Lagrène. J’ai eu la chance de jouer avec ce grand guitariste d’origine manouche pendant un an, on a tourné dans le monde entier, on a fait tous les plus gros festivals de jazz. C’est un musicien hors norme, un type extraordinaire. Ça m’a vraiment marqué parce qu’il ne refaisait presque jamais la même phrase, il jouait toujours différemment, il improvisait tout le temps... Il a une virtuosité, un savoir musical, un tempo, une harmonie de folie, et puis à la rythmique on avait quand même une belle machine qui tournait. Avec une rythmique pareille, ça devient du James Brown. C’est vraiment le groove.

Hélène R

samedi 6 juillet 2019

3 questions à Ludivine Issambourg, flûtiste d’Antiloops

Ce groupe va mettre la Marmite en ébullition !

 

©DR
La flûte traversière est au cœur de votre projet musical. Que représente cet instrument pour vous ? Quels sont les flûtistes qui vous ont marquée, inspirée ? 
La flûte traversière est tout simplement le
prolongement de moi-même, elle m’a été nécessaire et indispensable dans ma vie et le restera. Le rapport à l’air, à la respiration en général et à ma respiration, au son, aux vibrations : voilà ce que représente mon instrument pour moi, quelque chose de vital. En premier lieu, j’ai été inspirée par les flûtistes Roland Kirk, Eric Dolphy, Yussef Lateef, Hubert Laws, Jeremy Steig, Dave Valentin... Mais aussi par des musiciens plus actuels, comme Magic Malik, Hervé Meschinet, Michel Edelin, Greg Patillo, Anne Drummond, Nicolas Stilo, ou encore Nicolle Mitchell.


L’énergie contagieuse que dégage votre dernier album Lucid Dreams laisse présager d’un concert explosif. Que ressentez-vous sur scène ?
Je ressens une énergie qui circule, à l’intérieur de moi-même mais aussi et surtout avec les musiciens avec qui je joue, puis avec le public. On voyage ensemble et ça, c’est une sensation extraordinaire.


Quels sont vos projets à venir ?
Je prépare un nouvel album, un tribute à un de mes mentors, Hubert Laws. J’ai choisi de reprendre des morceaux de cet immense flûtiste américain durant sa période 70s, notamment ses albums sur le label CTI. J’ai la chance de travailler avec Éric Legnini à la direction artistique et au Fender Rhodes, suivi d’une dream team de choc : Laurent Coulondre à l’orgue et au Clavinet, Julien Herné à la basse et Stéphane Huchard à la batterie. Nous sommes actuellement en mixage et cet album sortira sous mon nom (indépendamment d’Antiloops) certainement fin 2019 ou début 2020. En parallèle, je travaille évidemment sur le prochain album d’Antiloops pour 2020, ainsi que sur un quartet acoustique...


Hélène R

vendredi 5 juillet 2019

3 questions à Audrey Altmayer

Audrey Altmayer est en charge de la communication institutionnelle au Crédit Mutuel Anjou


En quoi consiste votre partenariat avec le Saveurs Jazz Festival ?

Depuis plus de 15 ans, le Crédit Mutuel donne le LA à la musique ou plutôt aux musiques, sous toutes leurs formes. Nous sommes heureux de fêter avec le Saveurs Jazz Festival sa dixième édition. Cet événement, que nous soutenons depuis la première heure, est unique dans l’Ouest. Le Saveurs Jazz Festival nous permet d’enrichir concrètement la relation extra-bancaire que nous entretenons avec notre clientèle. Chaque année, nos collaborateurs sont présents sur le festival pour y accueillir leurs invités dans un cadre qualitatif, privilégié et convivial. Nous proposons également une tarification réduite à nos salariés. Au-delà de la convention de mécénat qui nous lie avec le Saveurs Jazz Festival, c’est essentiellement une relation de confiance que nous avons instauré avec nos partenaires. 


Pourquoi un tel engagement de la part du Crédit Mutuel Anjou ?

Tout simplement parce que c’est une relation qui concrétise nos valeurs mutuelles de partage et de rassemblement. Au Crédit Mutuel, nous considérons que la musique est créatrice de lien. La programmation nous confronte à des artistes que nous avons parfois peu loisir de découvrir ailleurs. Et cela, nous souhaitons le partager avec nos collaborateurs et nos sociétaires-clients dans un esprit d’ouverture corollaire à la musique. Par ailleurs, ce festival fait également rayonner l’Anjou bleu. Banque de l’économie locale, il est donc important pour le Crédit Mutuel Anjou de soutenir un tel événement.


À titre personnel, avez-vous un coup de cœur dans la programmation de cette dixième édition ? Êtes-vous branchée jazz et sinon, qu’écoutez-vous ?

Coup de cœur ? Je ne sais pas encore, mais j’ai hâte de découvrir sur scène BCUC. Je ne connaissais pas le groupe, j’ai écouté... et tout de suite adhéré ! Chaque année le Saveurs Jazz me permet de découvrir de nouveaux artistes. Il y a quelques éditions, c’était Snarky Puppy, que j’écoute désormais souvent en boucle ! Mes goûts en musique... très éclectiques ! Du classique au dub step, il faut simplement que je ressente de l’émotion, ce qui est personnel à chacun.

Hélène R

jeudi 4 juillet 2019

3 questions à Myosotis

Le quartet angevin jazzy et groovy à découvrir de toute urgence ! 


©DR
Comment est né Myosotis ? 
Myosotis est né en 2018 de la rencontre de quatre musiciens angevins, qui se sont retrouvés autour des compositions de Nona Mcelem, la chanteuse du groupe. Ayant un groupe en trio (Grumi Cisum) avec Baptiste à la guitare, Jeff à la basse et Nona au chant, nous avons fait appel à notre ami Fabien pour compléter la formation à la batterie. 


Comment s’organisent la composition et l’écriture au sein du groupe ? 

Généralement, c'est Nona qui nous envoie des productions en amont (des ébauches d'idées ou des structures complètes). On écoute tout ça et ensuite on se retrouve en répète pour faire les arrangements et trouver les parties de chacun. 


Le Saveurs Jazz Festival mêle la cuisine à la musique. Si vous deviez comparer votre musique à des saveurs culinaires, quels ingrédients choisiriez-vous ?

Pour la proposition culinaire ce sera : des makis au fromage avec de la sauce soja et une bière fraîche. 


Retrouvez Myosotis pour un Saveurs Jazz en Balade à Grez-Neuville demain, vendredi 5 juillet au Théâtre de Verdure à 11h30.

mercredi 3 juillet 2019

3 questions à Céline Bonacina

©Nathalie Roudier Courau

La saxophoniste revisite Bach au saxophone pour nous offrir une sieste musicale hors du temps



Comment vous est venue l’idée d’adapter les suites pour violoncelle de Bach au saxophone ?

Le saxophone baryton est un instrument dont la tessiture est similaire à celle du violoncelle. Lorsque l'on étudie le saxophone selon un parcours dit « classique » en conservatoire, il est fréquent que l'on découvre tous types de répertoires par le biais de la transcription. C'est aussi un moyen de s'approprier la richesse et la beauté de ces œuvres, d'autant plus que le saxophone n'existait pas à l'époque baroque.


Comment définissez-vous votre style de jazz et votre jeu au saxophone baryton ?

Mon jeu a été inspiré par divers courants que j'ai pu aborder durant mes études, mais aussi plus tard dans ma vie professionnelle, et par la vie en général. Je m'amuse à dire que la musique n'est pas séparée de la vie. Pour moi, il s'agit aussi de rencontres, de voyages, de lieux, d'expériences, d'imprégnations...


Quelles sont vos principales influences ?

La musique contemporaine, le jazz sous toutes ses formes et surtout mon séjour à l'île de la Réunion durant 7 ans, avec ses rythmiques particulières, ont influencé ma musique que l'on pourrait qualifier de « métissée ». Grâce au saxophone baryton, j'ai pu développer un jeu plus personnel par lequel j'explore divers modes de jeux propres à l’instrument : souffles, sons multiples, utilisation d'une tessiture étendue de l'extrême grave à l'extrême aigu... J'aime aussi faire sentir le côté « groovy » propre à certaines musiques pop, funk, etc.

Hélène R.

mardi 27 novembre 2018

3 questions à Ronan Prual, contrebassiste de No Tongues.

Crédits : Les Productions du Mouflon
3 questions à Ronan Prual, contrebassiste de No Tongues. Un groupe d'aujourd'hui qui explore les sonorités du passé. Envoûtant. 

Comment est né votre quartet et comment définissez-vous votre style musical ?

Le quartet a été initié par Matthieu Prual à la suite de sa découverte du disque « les Voix du Monde » paru aux éditions « Le Chant du Monde » en 1996. Ce dernier présente à l’auditeur une suite d’enregistrements musicaux menés par de nombreux ethnomusicologues entre 1924 et 1995, et réalisé par Hugo Zemp, Bernard Lortat-Jacob et Gilles Léothaud. Matthieu explique : « La découverte de ce disque fût pour moi comme un tremblement de terre et un grand souffle d’ouverture comparable à mes premières écoutes de la création contemporaine et à la découverte des musiques improvisées. » No Tongues, ce sont quatre instrumentistes ancrés dans la modernité, qui s’exilent dans un répertoire vocal ancestral. 


Comment s'est construit votre projet Les Voies du Monde et où avez-vous puisé vos inspirations ?

Le processus créatif des « Voies du Monde » peut être résumé ainsi : une sélection de pièces dans le disque original, la traduction instrumentale la plus fidèle possible du matériau choisi, puis le décalage vers une interprétation personnelle. La source qui nourrit ce travail : un chant de funérailles aux consonances de jeu d’enfant, Fernand Bordage menant ses bœufs aux labours dans le marais vendéen, deux femmes inuits jouant un chant de gorge ponctué de rires, la dernière chamane Selk’nam de la Terra del fuego égrainant ses litanies couleur de roche… Un chemin dans l’imaginaire et la force musicale créée par les humains au fil de leur évolution. 


Comment s'organise l'écriture au sein du groupe et quelle place y tient l'oralité propre aux traditions vocales que vous explorez ?

La méthode d’« écriture » est essentiellement orale, par écoute intensive, imitation, répétition. Puis la transformation et la mise en forme des chants sont issues du malaxage du matériau musical par la pratique et l’improvisation. Un travail particulier s’applique aux tentatives d’imitations des timbres des voix. Parfois, les quatre musiciens utilisent des objets qu’ils appliquent à leurs instruments (pinces à linge, appeaux, bouts de bois ou de métal, baguettes, brosses…) et approchent ainsi au plus près de textures vocales rugueuses et protéiformes. 


Ne manquez pas le concert de No Tongues samedi 4 décembre 2018 à 19h au Cargo à Segré (évènement facebook), dans le cadre de Jazz Tempo (entrée libre)

vendredi 23 mars 2018

3 questions à ... Emilie Chevillard (+ bonus "Sur la platine de")


Concert - Emilie Chevillard & la classe d'harpe de l'école de musique de l'Anjou bleu
7 avril - Théâtre de Loiré - 20h
Une soirée proposée avec l'Anjou bleu / Pays Segréen

Le temps d'un concert venez découvrir les morceaux inédits travaillés avec Emilie Chevillard (accueillie avec Colunia). Accrochez-vous pour ce beau voyage entre improvisation et harmonies ! 
Entrée libre dans la limite des places disponibles

A l'occasion de ce concert (et ateliers !), découvrez l'interview d' Emilie Chevillard par la rédac' de Toque & Notes.




Comment devient-on harpiste de jazz sachant que cet instrument, la harpe, n'est pas un instrument que l'on rencontre habituellement dans ce genre musical?
 



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Je suppose que ça dépend du parcours de chacun. Il n'y a pas vraiment de cursus pour ça, quoique maintenant on peut trouver des workshops, masterclass et stages plus facilement qu'il y a dix ans... Pour ma part, j'ai toujours aimé improviser, et puis je me suis confrontée au fait que je ne pouvais intégrer un cursus Jazz car la harpe celtique ne le permet pas : disons que malgré son nombre élevé de cordes, certaines manquent encore à son arc pour accéder à certains types d'harmonies. Je me suis donc armée de patience et j'ai appris une nouvelle harpe dite "chromatique" qui me permet maintenant d'aller tester ce que j'ai envie, et c'est principalement en jouant que j'ai appris et que j'apprends toujours (je n'aurai jamais fini d'ailleurs!).

Colunia à Pouancé en novembre 2016 (photo : Jean Thévenoux)

Comment envisagez-vous les ateliers avec les élèves de la classe de harpe de l'école de musique de Segré-en-Anjou-Bleu?

Pour moi, ce sera l'occasion de partager avec eux la façon dont j'aime faire de la harpe. Leur montrer qu'il n'y a pas forcément besoin de tout écrire pour faire de la musique, et leur donner quelques bases pour pouvoir s'inventer sa propre partie de harpe lorsque rien n’est déjà écrit pour l'instrument. L'idée, c'est de faire de la musique ensemble en s'écoutant et en utilisant des procédés nouveaux comme la lecture d'une grille, l'improvisation en solo ou collective, explorer différents modes de jeux possibles. Nous essayerons de créer des choses ensemble à partir des compos et arrangements que je leur ai proposés et des idées de chacun. Le but est avant tout de découvrir des choses et de se faire plaisir!


Quelle est la place du jazz dans vos propres compositions et quelles sont vos influences jazzistiques?

Ça dépend de ce que je cherche dans la composition, je n'utilise pas systématiquement les mêmes procédés. Je peux partir d'une métrique que je trouve intéressante, d'un enchaînement harmonique, d'une idée mélodique... Ceux-ci sont plus ou moins jazzistiques c'est-à-dire rattachés à des sonorités propres au Jazz, mais là ça ne veut pas dire grand chose tellement il a évolué et s'est mélangé au fur et à mesure de son développement, pour moi, c'est plutôt un esprit. L'envie
d'intégrer des passages improvisés, une part d'inconnu dans chaque morceau, ouvrir les modes de jeu. J'ai pas mal écouté John Coltrane dans sa dernière période avec McCoy Tyner qui a un jeu très inspirant pour la harpe, Keith Jarrett, Herbie Hancock, et autres stars... Alice Coltrane (harpe), Edmar Castaneda (harpe), Brad Mehldau (piano), Vijay Iyer (piano), Tigran Hamasyan (piano), Rudresh Mahanthappa (sax), Amir ElSaffar, Arve Henriksen... Les envies de compositions évoluent au gré des découvertes musicales..

Herbie Hancock au Saveurs Jazz (photo : Jean Thévenoux)


Et comme vous avez aussi gagné au grattage on souhaiterait que vous nous fassiez part de votre" Sur la platine de..." (autre rubrique de Toque et Notes) en 5 disques ?

5 c'est dur!

Love Supreme de John Coltrane, emblème du Jazz modal pour moi!


Le quatuor à cordes de Ravel (et celui de Debussy !) c'est juste magnifique, et il y a tant de similitudes avec les harmonies utilisées dans le Jazz.



Cuarto de Colores d'Edmar Castañeda - latin Jazz (le premier harpiste à m'avoir mis une grosse claque harpistique et musicale! - dans le bon sens du terme-)



Red Hail de Tigran Hamasyan, qui a "modernisé" ma vision du Jazz et qui fait partie des artistes de ma génération.



Fourteen de Dan Weiss - découvert beaucoup plus récemment, magnifique écriture
pour 14 musiciens, et subtil mélange avec improvisation. Très inspirant!




mercredi 14 mars 2018

4 questions à Xavier Thibaud, saxophoniste jazz qui revisite la pop !

Vous le savez, l'association Jazz au Pays tisse son fil toute l'année avec de nombreuses actions culturelles sur le territoire de l'Anjou bleu. Cette année, Xavier Thibaud mène depuis septembre des ateliers auprès de deux ensembles du territoire. Présentation et revue d'effectifs avant les 2 concerts prévus fin mars...



Xavier Thibaud, qui êtes-vous ? 

Je suis saxophoniste baryton et j'ai commencé par le spectacle de rue dès 1998 au sein d'une fanfare (Zephyrologie) avec laquelle j'ai joué pendant 12 ans et qui m'a amené à me produire partout en France, mais aussi en Europe et au Canada. 
Depuis une dizaine d'années, je joue dans différents projets, notamment au sein du collectif nantais 1name4acrew (Pulsar, Zounds, SubuteX, Kind of Pop) mais aussi avec d'autres musiciens des Pays de la Loire (Slurp BB, Marabout Orkestra NDR: tous deux venus au Saveurs Jazz !). 
Au cours de ma vie de musicien, j’ai eu l'occasion de travailler avec des ensembles amateurs, comme la Fanfare du Coin depuis cinq ans, ou encore de participer à des créations avec des Harmonies ou de jeunes musiciens issus d'écoles de musique.



Le projet Kind Of Pop, qu’est-ce que c’est ?

L’idée de Kind of Pop est née d'une réflexion d'Alexandra Charrier qui s'occupait alors des actions culturelles pour le Pannonica. Elle souhaitait susciter l’intérêt des collégiens pour l'écoute du jazz et des musiques improvisées. En effet, le jazz n'a pas toujours eu l'image qu'il peut avoir actuellement : celle d'une musique difficile d'accès. C'est à l'origine une musique de danse, populaire, et de tout temps les musiciens de "jazz" ont emprunté au répertoire populaire pour en avoir une relecture improvisée. 
C'est donc naturellement que nous avons décidé de réinterpréter des standards de la pop actuelle pour ouvrir non seulement les collégiens mais tous les publics à cette forme instrumentale. 

Comment se déroulent les séances de travail avec les élèves de l’orchestre de Segré et Candé ? 

Nous avons travaillé sur des tubes très récents que je ne vous révélerai pas pour ne pas gâcher la surprise, le but du spectacle étant que le public trouve les morceaux réinterprétés ! J'ai proposé des arrangements aux orchestres, je veux avant tout que les musiciens comprennent l'importance du rythme et de la tourne (du "groove"), mais aussi qu'ils sortent le nez de leurs partitions pour jouer ensemble. Je veux qu'ils aient une vision globale de la structure du morceau afin de pouvoir la rendre flexible. Je suis allé à plusieurs reprises diriger les ensembles avec l'aide d'Emmanuel Dardelle et de Julien Behar qui travaillent toute l'année avec eux et qui ont pu m'aiguiller sur le travail à réaliser. Je voulais que les musiciens adhèrent au projet par le choix du répertoire, qui reflète la musique qu'ils écoutent, mais qu'ils comprennent la difficulté d'enlever le chant (support principal du sens et de la mélodie dans la pop) et de trouver de la matière musicale dans ces morceaux.



À quoi ressemblera le concert ? 

Le concert commencera par quelques morceaux de Kind of Pop, vite rejoint par l'orchestre de Segré puis par l'orchestre de Candé. Nous serons alors plus d'une vingtaine sur scène. J'aimerais que ce concert soit avant tout un moment jubilatoire pour les musiciens et donc pour le public car le jazz permet ça, cette liberté de jouer et de s'amuser sur scène.


Retrouvez Xavier Thibaud et son quartet Kind of Pop en concert avec l'orchestre du collège Georges Gironde de Segré en Anjou Bleu et l'orchestre junior de Candé (École de Musique de l'Anjou bleu) :
Vendredi 30 mars : Candé - Salle Beaulieu - 20h30 
Samedi 31 mars : La Pouëze - Théâtre de l'Ardoise - 20h30

mercredi 25 octobre 2017

5 questions à Arnaud Edel, guitariste et compositeur de l’octet Yuma.

À découvrir en trio aux Boissons Rouges à Segré le 4 novembre prochain à 20h.




Comment s’est formé l’octet ? 
Yuma s'est formé lors de mon examen de sortie de conservatoire. J'ai écrit un court répertoire pour l'occasion et ai voulu enregistrer en l'état dans la foulée. Nous avons donc fait un premier petit EP maison pour pouvoir diffuser nos morceaux autour de nous et lancer réellement le projet. Nous nous sommes tous connus au conservatoire, au Mans pour certains et dans d’autres conservatoires de la région.

Comment définissez-vous l’univers de Yuma ?
Difficile de définir l'univers de Yuma. Ce sont mes compositions. Je suis influencé par Kenny Wheeler, Carla Bley, Marc Ribot ou encore Alban Darche ou d'autres musiciens du label Yolk. Mes morceaux font appel à différentes couleurs, diverses ambiances. Parfois énergique, parfois plus introverti, notre répertoire a un côté cinématographique.

À Segré vous jouerez en trio, pourquoi ? 
Suite à la demande de Cyrille Gohaud, codirecteur du Pannonica, de faire jouer Yuma en trio, nous avons avec Jean-Emmanuel Doucet à la batterie et Samuel Foucault à la contrebasse monté un répertoire pour l'occasion, un peu plus rock. Nous réfléchissons actuellement à donner un autre nom au trio pour qu'il devienne un groupe à part entière avec une identité différente de Yuma. D'autant plus que nous venons de créer un collectif (Collectif 3h10). 

Quelles sont les prochaines étapes du groupe ? Un album en préparation ?
Nous avons enregistré trois morceaux avec le trio il y a quelques semaines en préparation d'un prochain EP et enregistrons début novembre avec l'octet. Nous lançons d'ailleurs un crowdfunding pour l'occasion. Il nous servira aussi à financer une vidéo live de notre concert à la Cité des congrès de Nantes le 24 octobre en première partie d'Henri Texier. 

Et enfin, pourquoi « Yuma » ? 
Yuma parce que j'avais vu le film 3h10 pour Yuma peu de temps avant et que j'adore les westerns. D'ailleurs le collectif s'appelle le Collectif 3h10.

lundi 10 juillet 2017

3 questions à Manu Katché, batteur émérite du Michel Jonasz Quartet


© D.R.

Comment vivez-vous les retrouvailles sur scène avec vos compagnons d’Unis vers l’Uni (premier album de collaboration avec Michel Jonasz) ?

En toute simplicité ! Pour le souvenir, j’avais commencé à jouer avec Michel en 1981, et nous avons eu la chance de partager, au fil des années, son ascension vers le succès. Ce qui est très agréable, après toutes ces années passées, c’est qu’immédiatement, tout se repositionne naturellement sans avoir à forcer quoi que ce soit, les choses se replacent naturellement là où nous les avions laissées, en termes de code, de comportement, de blagues et d’attitude. Pour ce qui est de la musique, idem, c’est comme si nous n’avions jamais arrêté, avec en plus une certaine maturité et de fait, une approche plus minimaliste et peut-être plus efficace dans l’interprétation des titres. L’énergie est bien plus canalisée qu’à l’époque et les expériences de chacun apportent une nouvelle vision à tous ces morceaux que nous avons joués énormément par le passé. 

Vous avez collaboré avec de nombreux artistes au cours de votre carrière. Pouvez-vous nous parler d’une rencontre qui vous a particulièrement marqué ?

C’est une question à laquelle il m’est difficile de répondre. Chacune des collaborations que j’ai effectuées était unique, aussi bien pour la musique que j’avais à jouer que pour la rencontre humaine. Chaque projet fut très excitant tout en étant un réel challenge dans ma position de batteur. Rien n’était totalement facile et en même temps pas forcément difficile, mais une réelle pression pesait quand même sur mes épaules. L’artiste concerné attendait beaucoup de ma prestation et ne devait, en aucun cas, faire de parallèle avec le ou les batteurs employés avant moi. Donc il m’a fallu faire preuve d’originalité et de créativité. Je pourrais, pour répondre à la question, citer un artiste anglo-saxon ou bien un Français, ou un Norvégien, etc. Mais encore une fois, beaucoup d’entre eux sont entrés dans ma vie par le biais de leur univers musical. Jusqu'à aujourd'hui, même si certaines collaborations ont ralenti ou cessé, la relation avec certains d’entre eux s’est cimentée, et le rapport entre nous s’est développé pour atteindre une réelle complicité amicale qui est toujours d’actualité.

Quel artiste écoutez-vous souvent en ce moment ?

En ce moment j’écoute John Mayer, pas uniquement son dernier album d’ailleurs... Sa musique me touche, son univers rock mild m’est très agréable, il m’embarque immédiatement et j’avoue avoir régulièrement un ressenti très positif à son écoute. Sa musique est riche, harmoniquement, rythmiquement et mélodiquement. D'autre part, les musiciens qui jouent à ses côtés sont des proches que j’apprécie bien sûr, mais qui sont, avant tout, des musiciens supra talentueux qui portent très haut les couleurs musicales de chacun des titres, en originalité et en qualité de jeu.


Propos recueillis par H.R.

dimanche 9 juillet 2017

3 questions à Pierre Durand, guitariste du « Roots » 4tet

Comment s’est formé votre 4tet ? 
J’ai joué avec Guido Zorn dans le groupe Rocking Chair, monté par Airelle Besson et Sylvain Rifflet. Je connaissais aussi Joe Quitzke, nous avions joué ensemble avec Joce Mienniel. Guido m’a présenté Hugues Mayot et j’ai tout de suite adoré sa façon de jouer. On respire pareil en musique, on se laisse surprendre, on réagit à ce que fait l’autre, on est sur l’instant présent, libres de creuser une idée d’un concert à l’autre ou au contraire de passer à autre chose si le cœur nous en dit. Nous sommes avant tout musiciens, nos instruments nous servent à nous exprimer et constituent un moyen et non une finalité. Ça change tout.

Comment s’organise la composition ? 
Je cherche toujours à raconter une histoire. Parfois elle a un scénario, parfois elle parle d’un sentiment. Sur l’album, Tribute relate l’histoire des Africains déportés aux Amériques ; ils rencontrent la musique des blancs esclavagistes qui donnera le blues et le negro spiritual. Le Regard des autres décrit la journée d’une personne qui justement n’existe qu’à travers les autres. Ce caméléon s’adapte sans cesse à ses interlocuteurs. En revanche, What You Want & What You Choose est composé à partir d’un sentiment, c’est un morceau sur la frustration. 

Votre dernier album Chapter Two : ¡Libertad! invite au voyage. Quelles ont été vos principales influences pour ce projet ? 
Pour répondre à cette question, il faut remonter à la base : qu’est-ce que le jazz ? Si on pense que le jazz est un style de musique, alors je suis de moins en moins un jazzman. Si on pense que c’est un état d’esprit, alors clairement, ce disque est un album de jazz. Pour moi, c’est la seule musique sur terre qui mélange toutes les musiques du monde avec de l’imprévu. Si bien qu’un musicien, à partir du moment où il improvise, peut tout mélanger. Depuis mon premier album enregistré à la Nouvelle-Orléans en solo, je pars de ce qui m’a donné envie d’être musicien pour dérouler le fil d’une bobine dont je ne connais pas l’épaisseur. Il y a tellement de choses à découvrir.  


© D.R.

Hélène Roland

samedi 8 juillet 2017

3 questions à Kham, contrebassiste du groupe Mørse




Parlez-nous de votre parcours musical. 

© Alain Pellerin
J’ai débuté la musique de manière autodidacte. J’ai commencé par la basse électrique à 13 ans, je jouais avec des copains dans le garage... Au gré des groupes et des rencontres, je me suis intéressé à divers styles musicaux et forcément au jazz. Puis j’ai découvert la contrebasse. J’ai abordé cet instrument en autodidacte également et ce n’est que tardivement que j’ai pris des cours. Pendant 19 ans j’ai fait partie du groupe Lo’jo qui m’a permis de jouer avec de nombreux musiciens de la scène jazz : Archie Sheep, Magic Malik, Geoffroy Tamisier, Erik Truffaz, Alban d’Arche, Franck Vaillant... En parallèle, je joue avec une clarinettiste dans le duo Sen’Kaï, dans un groupe de calypso électro et dans le trio SweetBack. J’aime jouer mais aussi apprendre, découvrir et me perfectionner. 

Comment s’est formé Mørse et comment définissez-vous son style ? 

J’ai rencontré Jean (batterie) et Félix (sax alto) Hardouin au conservatoire d’Angers. Au tout début c’était un projet d’étude, puis rapidement nous avons apporté nos compositions avec des formes plus personnelles. C’est une musique qui bouillonne, parfois calme, parfois sauvage, que nous voulons très contrastée. Nous essayons de nous surprendre, de nous mettre en danger. La forme de ce trio sans instrument harmonique nous laisse un champ d’action très large. 

Existe-t-il des parallèles entre Mørse et Lo’jo et si oui, lesquels ? 

Comme je le disais précédemment, je ne joue plus avec Lo’jo (depuis un an). Je parlerai plus de différences que de parallèles. Nous n’avons pas de chanteur tandis que Lo’jo en compte trois. Mørse est un projet instrumental dont la structure des morceaux n’est pas au service d’une chanson... même s’il nous arrive de jouer des standards. Dans ce trio la parole est donnée aux instruments.

© Thierry Ploquin

vendredi 7 juillet 2017

3 questions à Bruno, le responsable communication du Saveurs Jazz Festival qui a du flair !


© Alain Pellerin
Quel a été ton parcours professionnel ? 
J’ai commencé par la musique avec un DUT aménagé qui nous laissait nos après-midis libres pour jouer. J’avais un job étudiant : j’étais directeur de production d’une salle de spectacle et je me suis vite impliqué dans l’organisation de festivals. Avec mon association étudiante, nous en avons organisé beaucoup, dont celui des cultures tsiganes, un événement phare à Chambéry aujourd’hui  : les Nuits de la Roulotte. De fil en aiguille, je suis devenu chargé de communication de festival il y a 7 ans.

Parle-nous d’un concert qui t’a marqué. 
Je réfléchis... J’ai beaucoup aimé PJ Harvey... Et j’ai kiffé Kery James. Au Ferté Jazz Festival, c’était vraiment classe d’écouter l’oudiste Dhafer Youssef. Je l’avais vu il y a quelques années avec Nguyên Lê, guitariste de jazz, pour un duo complètement barré. Et là, son nouveau show, j’ai trouvé ça vraiment très bon. 

Est-ce que tu cuisines ? 
Un peu. J’ai des origines italiennes, mais je ne parle pas un mot d’italien, c’est très triste pour ma grandmère mais c’est comme ça. Je fais notamment une sauce pour les pâtes, qu’on appelle le ragù. Il faut faire mijoter très longtemps et ne pas déguster le jour-même pour laisser reposer. Comptez une bonne heure de préparation et cinq heures de cuisson. On commence par faire fondre les oignons dans de l’huile d’olive, beaucoup d’huile d’olive, c’est la règle de base. Ensuite, on ajoute un bouquet garni, des olives noires, puis la viande hachée de bœuf. Le secret, c’est d’
écraser la viande dans de l’huile avec du basilic, du sel et du poivre... ça évite qu’elle ne s’agglomère. On termine par un coulis de tomates et des tomates cerise. Parfois je mets un peu de tabasco pour donner un petit côté relevé. Je suis aussi d’origine ardéchoise et j’ai de la famille qui a des chênes et des chiens truffiers. Alors dès que je peux, je cuisine avec de la truffe. Avec un chien, je vais chercher des truffes puis je les cuisine. Moi qui ne suis pas trop chien, je trouve ça très intéressant. Il existe une sorte d’harmonie entre le chien et son maître. Le côté nature, c’est cool. La truffe c’est aussi très bon avec des tagliatelles voire des pâtes encore plus larges. Là aussi il faut de l’huile d’olive et du parmesan, avant de râper la truffe, sans la cuire surtout car elle perdrait de sa saveur.

Propos recueillis par Hélène

jeudi 6 juillet 2017

3 questions à Manica Jean-Louis, graphiste de Trace et auteure du visuel de cette 8e édition du festival.

Trace, qu’est-ce que c’est ? 
Trace est une imprimerie artisanale que nous avons montée avec des amis il y a maintenant six ans. Nous travaillons en typographie : impression à l’ancienne avec caractères mobiles en plomb ou en bois, et en sérigraphie : technique qui s’apparente au pochoir. Nous proposons également des prestations de graphisme, nous faisons des mises en page et illustrations, principalement pour des évènements culturels. 

Comment avez-vous imaginé et réalisé l’affiche du festival ? 
L’affiche du Saveurs Jazz a été réalisée à partir de mots- clés qui m’ont été donnés. Il était notamment question de guinguette et de sieste. Je me suis alors imaginée un endroit calme où j’aurais aimé me trouver en été un jour de grande chaleur. J’ai l’habitude de réaliser d’abord un croquis pour la composition de l’image, avant de passer rapidement à la mise en couleur qui est pour moi une étape assez importante. Ensuite, je reprends le dessin afin d’affiner le trait et de finaliser l’ensemble. 

Quelles sont vos principales inspirations, vos influences ? 
Je lis beaucoup de bandes dessinées, il y a pas mal d’auteurs que j’admire et qui m’inspirent bien que leur travail soit assez éloigné du mien. Je pense à Christophe Blain ou Jon McNaught. J’aime aussi beaucoup le travail de certains affichistes du début du XX e siècle, notamment celui de Savignac. 

Le site internet de Trace : imprimerietrace.fr





Hélène, Orianne et Myriam 

lundi 6 février 2017

La rédac a testé pour vous... La Tribu des Femmes


Retour sur le concert de LA TRIBU DES FEMMES le 9 décembre dernier au Cargo à Segré... par la Rédac de Toque & Notes

Nous avons interviewé Babeth Hérault, musicienne de La Tribu des Femmes (bien connue du Saveurs Jazz, avec un autre de ses projets : Des Lions Pour Des Lions)

photo JEAN THEVENOUX

      Ø  Présente-nous rapidement la Tribu des Femmes ? Comment t’es tu retrouvée dans ce projet ?

      La Tribu c'est 7 femmes chanteuses/ musiciennes réunies par Denis Pean (ndlr: de Lo'Jo). On retrouve les sœurs Nadia et Yamina Nid El Mourid de Lo'jo, les jumelles Laura et Gianna Caronni de las Hermanas Caronni, les presque sœurs Coline Linder et Oriane Lacaille de Titi Zaro, Denis et moi. 
On se croise depuis longtemps avec les Lo'jo : enregistrement d'un titre sur le dernier album "Cinéma el Mundo" et je joue sur le projet Lojo - 310 lunes avec un sextet à vent. 
Denis m'a proposé de participer à cet orchestre de femmes pour une carte blanche qu’on lui offrait dans un festival à Chabeuil en avril 2014. Ça devait être un one shot. On s’est bien amusé. Depuis l’aventure continue en jonglant avec les exigences de nos calendriers respectifs.


photo JEAN THEVENOUX

      Ø  Comment se passe la collaboration avec Denis Péan ?

Le répertoire de la Tribu est tissé entre les compositions de Lojo, Las Hermanas Caronni et Titi Zaro. Ces groupes ayant en commun l’amour des mots et un penchant pour les musiques traditionnelles ethniques, folk de folklore. C’est ça la World ? Enfin tu vois l idée... 
Les arrangements des morceaux se font assez naturellement en piochant dans le riche instrumentarium que propose "l’orchestre" : violoncelle/violon/ clarinettes/ percussions/ cuivres/ bois  et voix. 
De plus il y a là du son de l'Argentine, de La Réunion, de l’Anjou... une palette de couleurs ! Denis fait le peintre, il est garant de l’équilibre esthétique, il sait rassembler et faire des choix ! C'est mon avis ! 

photo JEAN THEVENOUX

      Ø  Quels sont tes projets actuellement, outre Des Lions pour Des lions qu’on connaît bien :) ? 

À part les Lions (on a enregistré en janvier), je joue mon one Woman Band electro cuivré. Ça s'appelle  €lisabeth DaPontcé. L'envie de réunir mes diverses influences en mixant fanfare/musique électronique (que j’avais abordé avec Boîte de Rue), un brin de pop aussi, le tout tissé autour d’un canevas laissant une large place à l'improvisation. C'est en chantier, ça se ressert, ça avance. Je vais enregistrer un nouvel EP au printemps. 

Après la belle rencontre avec la Tribu, j'ai rejoint les Titi Zaro qui sont passées de duo à quartet en invitant Antoine David (The Loire Valley Calypsos) à la batterie/percussions et moi. 

Je continue aussi de jouer avec les Grooms (fanfare théâtrale) qui réadaptent des opéras pour la rue. 


Merci Babeth!


photo JEAN THEVENOUX


photo JEAN THEVENOUX

photo JEAN THEVENOUX


photo JEAN THEVENOUX

lundi 11 juillet 2016

3 questions à Maxime Vignard, assistant de production en formation

Quel est ton rôle dans l’organisation du festival ?
Je suis chargé de production artistique et je dois gérer tout ce qui concerne les artistes au niveau logistique. Je m’occupe de tout ce qui a trait au transport, à l’hébergement, à la promotion et aux budgets correspondants, je récupère et transmets toutes les informations administratives qui concernent les artistes. Mon but est de respecter le budget en fonction des artistes et de leurs demandes, de prendre soin d’eux et de faire en sorte qu’il y ait un vrai échange entre nous, pour que nous puissions les accueillir dans les meilleures conditions possibles. Sur le site du festival, la fonction de production opérationnelle est un peu différente parce que tout est déjà en place : les hébergements sont pris, les transports sont gérés… Mon rôle est alors d’accueillir les artistes, de vérifier leurs demandes, de rappeler les hôtels pour m’assurer que les chambres sont bien réservées, et de gérer les runs*. J’ai une petite équipe de runners** ici qui sont des champions !

Es-tu musicien ?

J’ai fait de la guitare de 12 à 22 ans, j’ai eu un groupe qui s’appelait To Be Nominated (parce qu’on n’a jamais trouvé de nom) pendant un bon bout de temps, chez moi en Loire-Atlantique. Depuis l’année dernière je n’ai plus de groupe donc je pratique un peu moins, mais j’aimerais me remettre à la musique plus tard. En tout cas ça me plaît de travailler dans ce milieu. J’ai beaucoup pratiqué du rock des années 80 : Santana, Led Zep, AC/DC. Aujourd'hui je suis branché funk à fond : The Bamboos, Gregory Porter, des trucs qui groovent.

Une petite recette à partager ?

Les crevettes aux échalotes. On fait revenir les crevettes dans une poêle avec des échalotes, du vinaigre balsamique, un petit peu de crème et des oignons. En accompagnement, du riz au curry. Avec un petit verre de rosé, c’est une tuerie !

* Transport des artistes.
** Les bénévoles qui s’occupent du transport des artistes.


Hélène R.
Photo © Jean Thévenoux

dimanche 10 juillet 2016

3 questions à... Julien Béhar, saxophoniste de LiNK

Comment s’est formé votre trio ?
J’avais envie de monter un nouveau projet plutôt acoustique. J’ai rencontré Alexandre Bosse il y a quelques années. Son univers pianistique me plaisait bien et j’avais envie de faire quelque chose avec lui, mais pas spécialement un duo. Plus récemment, j’ai rencontré Will Guthrie et LiNK s’est formé ainsi, autour de personnes et d’esthétiques. L’idée était de revenir à une formation acoustique piano, batterie, saxophone alto, et d’établir un lien très fort avec une improvisation assez débridée et libre. Nos influences sont multiples. On peut parler de la musique des pianistes Paul et Carla Bley, ou encore du clarinettiste Jimmy Giuffre, notamment pour son album Jimmy Giuffre 3 (1961). Giuffre a fait beaucoup de jazz swing très traditionnel, mais il a pris un virage dans les années 60, avec ce disque complètement dingue. Parmi nos influences plus récentes, il y a notamment l’avant-garde new-yorkaise, qui explore des formes non conventionnelles.

Comment définissez-vous le style LiNK ?
On pourrait le qualifier de jazz ouvert, un pont entre l’écrit et l’improvisé. C’est un aller retour entre ces deux mondes. Alors est-ce qu’il y a un style pour ça ? Je ne sais pas. On peut dire que c’est du jazz, tout simplement.

Quel concert vous a le plus marqué au cours des précédentes éditions ?

Quand j’y réfléchis, ça devait être le projet Sphère de Nicolas Folmer avec Daniel Humair et Dave Liebman [Saveurs Jazz Festival 2014]. Et notamment Dave Liebman qui avait, pour moi, complètement électrisé le moment, c’était dingue ! Les poils au garde à vous tout le concert. Une espèce de tension et d’énergie folles. Je crois que c’est celui qui m’a le plus transporté de tous ceux que j’ai vus. Mais c’est difficile de n’en citer qu’un. J’ai aussi adoré l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp en 2015.

Hélène R.
Photo © Jean Thévenoux

samedi 9 juillet 2016

3 questions à Laurène Thomas, coordinatrice de Centrale 7

Ne manquez pas les œuvres – aussi éclectiques que le jazz – des artistes de Centrale 7 présents au village du festival


Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qu’est-ce que Centrale 7 ?
Installée depuis 2006 sur la friche industrielle des anciennes mines de fer de Nyoiseau, l’association Centrale 7 propose des ateliers aux plasticiens, peintres, sculpteurs et photographes. Elle travaille à la création et à la diffusion artistique en milieu rural. Elle ouvre régulièrement ses portes aux publics qui viennent visiter le site extérieur : parcours d’interprétation du patrimoine minier et parcours d’art ; ainsi que le hall qui accueille La Recette, une exposition trimestrielle. Nous proposons en ce moment l’exposition « Sous-Sol » dans le cadre de la 7èmeédition de La Recette. Ouverte de 14h à 18h tous les jours jusqu’au 30 juillet. Entrée 3€

Pouvez-vous nous parler des œuvres qui seront exposées au village du festival ?
Elles représentent bien Centrale 7 puisqu’elles sont éclectiques et font appel à différentes techniques : sculpture sur métal, bois, assemblage, recyclage, peinture, etc.

Les artistes et leurs œuvres présentées :
- Damien Gérard, Romain Goiset, Mélanie Le Page, K-MiSoL : sculptures métal, soudure et couture
- Christophe Forget avec des peintures et gravures petit format
- Matthieu Pineau, sculpteur, posera des contrebassines (contrebasse artisanale et détournée) dans certaines loges des artistes du Saveurs Jazz et au stand de Centrale 7 également
- K-Mi-SoL avec des sérigraphies et Mylène Duhail avec des linogravures
- Mat Signol avec des peintures technique collage
- Vincent Tétu avec des sculptures en bronze

Avez-vous un coup de cœur dans la programmation ?
John McLaughlin dont je connais le travail avec Paco Ibáñez notamment, que j’ai beaucoup écouté étant petite. J’aime aussi beaucoup Nat King Cole, je suis donc très curieuse d’entendre ce que Hugh Coltman en fera. Les autres groupes seront des découvertes : Un Poco Loco et Pixvae m’attirent particulièrement.

Hélène R.
Photos © Jean Thévenoux

vendredi 8 juillet 2016

3 questions à Anto Squizzato

Découvrez son univers pop-constructiviste dans le hall du parc expo !

Quelles techniques utilisez-vous pour réaliser vos œuvres ?
J’utilise des techniques assez variées. Pendant 20 ans, j’ai dirigé une agence de pub, donc j’utilisais beaucoup d’outils technologiques : dessin vectoriel, peinture sur Photoshop, image de synthèse et l’animation. Il y a quatre ans, j’ai décidé de revenir à des choses plus matérielles et à retravailler avec mes mains. J’ai donc quitté la pub pour me consacrer à la création traditionnelle. Je me suis mis à beaucoup dessiner sans technologie. Pour toutes mes œuvres, je travaille sur la lumière, les dégradés, les ombres, etc. Je préfère travailler à l’huile parce que c’est plus sensuel et plus lent, on a le temps de revenir sur les couleurs. Par contre, pour tout ce qui est en aplat et graphique, je travaille à la peinture acrylique. En ce moment, je fais aussi quelques aquarelles, j’expérimente pas mal de choses, je reviens à la technologie, j’hybride. Je maquette certaines choses sur ordinateur, ensuite je peins, je fais des échanges entre le digital et des techniques très classiques.

Parlez-nous de l’affiche du Saveurs Jazz Festival.
L’affiche de cette année est réalisée avec de l’acrylique liquide et de l’encre de Chine. Je me suis inspiré de Jim Flora, artiste américain que j’aime beaucoup, très actif dans l’univers du jazz, directeur artistique de RCA Victor et Columbia Records dans les années 50. Il a fait beaucoup de jaquettes de disques avec du dessin très naïf, mais aussi des livres pour enfants, de la peinture… Cette idée de ne pas avoir de frontières et de s’ouvrir à plusieurs disciplines est intéressante. Pour moi, les jaquettes de Jim Flora comptent parmi les plus belles.

D’autres inspirations ?
Je suis un fan éternel de Paul Klee et de toutes ses théories, lui qui était un musicien de bon niveau et qui avait un rapport particulier avec la musique. Il jouait notamment avec Vassily Kandinsky. Ensemble, ils ont établi des relations entre la musique et le graphisme, la répétition de motifs. Tous deux étaient liés au courant artistique du Bauhaus. J’aime aussi le constructivisme, avec les peintres russes comme Malevitch, qui ont refusé l’art académique pour lui préférer un art très fonctionnel. On retrouve cet élément de manière assez forte dans ce que je fais : j’utilise des formes assez simples, qui ont chacune une fonction. J’ai appelé mon univers le pop-constructivisme, c’est un clin d’œil. Comme eux, je ne voulais pas m’adosser à un mouvement. Aujourd’hui, on aime vraiment vous mettre dans des cases. Moi qui sortais d’un univers d’entreprise ou on mettait les gens dans des cases, je ne voulais plus ça. J’ai donc décidé de créer mon mon pop-constructivisme en piochant dans toutes ces influences : le constructivisme, le dadaïsme, le Bahaus, mais aussi la culture graphique et les mouvements punk, le do it yourself, et la culture pixel. D’ailleurs, petit, j’ai commencé à dessiner des jeux vidéo en pixel art. Ado, je passais mes nuits sur mes tout premiers ordis à dessiner des petits bonshommes en pixels. J’ai dessiné d’abord sur ordinateur avant de dessiner sur papier.

Êtes-vous musicien ?
Non, enfin je suis un mauvais musicien, parce que j’ai toujours joué avec des séquenceurs, des machines. Par contre, je travaille sur pas mal de projets de jaquettes avec des labels de disque, que j’ai connus par le biais des jeux vidéo. Je m’intéresse particulièrement à la chiptune, genre musical qui rappelle la musique de game boy. Je participe également à un label malouin spécialisé dans le post-rock, et à un netlabel scandinave qui œuvre dans l’univers de la musique atmosphérique, minimaliste.

Attendez-vous un concert en particulier ?

Pas vraiment, je suis venu au dernier moment. Quand je fais les affiches, je travaille souvent avec de fausses programmations car les artistes ne sont pas encore annoncés. Mais j’ai écouté Avishai Cohen, j’ai trouvé ça très bien donc j’irai sûrement le voir !

Hélène R.
Photos © Jean Thévenoux