La soul sensuelle d'Otis Stacks nous régalera ce soir sur la Scène du Parc, avec Elias Wallace à la voix et Damien Bronson Jr à la batterie, sample, clavier et basse.
Elias Wallace nous invite dans sa bibliothèque.
« Je ne pourrais jamais faire la liste de tous les livres qui m'ont influencé ou qui m'ont fait réfléchir et penser différemment, mais en voici quelques-uns : »
Mark Guiliana et ses musiciens ont inauguré ce soir la Scène du Parc pour la 9e édition du Saveurs Jazz. Faisons un tour dans la bibliothèque des quatre membres du groupe.
Voici la playlist coups de cœur de la rédac' en attendant le Saveurs Jazz 2018, bonne dégustation !
Toute la programmation est à retrouver sur www.saveursjazzfestival.com
Le 8 avril dernier Jazz au Pays et l’Anjou bleu
conviaient à leur traditionnel et annuel concert du dimanche matin autour d’un café et de croissants (on pouvait
même compter quelques pains aux raisins). La carte blanche était confiée au
saxophoniste nantais Xavier Thibaud
(souvenez vous de Kind Of Pop) accompagné du guitariste Antoine Passet vu dans PassionCoco ou Marabout Orkestra, pour un duo inédit.
photo Jean Thévenoux
Cette année celui-ci se déroulait dans les locaux de l’école de musique de l’Anjou bleu à Candé, bâtiment magnifiquement restauré, à la belle sonorité. On rêvait que ce bâtiment fut un ancien relais de postes ou une ancienne forge où résonnèrent les complaintes des fers à chevaux martelés sur l’enclume. Et bien non ! Pendant de longues années ce furent les meuglements des bovins qui peuplèrent ces murs. Fin du rêve ? Que nenni !
Pendant une heure, c’est court une heure beaucoup plus bref que soixante minutes pendant cet espace de temps donc, nos deux artistes, compères complices nous menèrent loin de Candé sur des chemins creux, des chemins de traverses, de longues lignes droites parsemées de courbes tout en douceur vers des contrées où comme l’écrivait Charles Baudelaire « tout est luxe et volupté » …
Lors
du concert du quartet Colunia, à Pouancé en 2016 (à l'occasion de Jazz Tempo),celui-ci s’était achevé par la restitution
publique du travail que la harpiste Emilie Chevillard avait réalisé dans la
journée avec la classe de harpe de l’Ecole de musique de l’Anjou Bleu.
Devant
le succès de cette initiative Jazz au Pays et le Pays Anjou Bleu
sollicitèrent Emilie Chevillard pour donner une suite à cette initiative. C’est
ainsi qu’ au cours de l’année 2017 furent organisés plusieurs ateliers qui devaient
déboucher sur un concert plus "consistant".
photo Jean Thévenoux
Ces ateliers ont ainsi débouché sur un concert au théâtre de Loiré le 7 avril dernier où les élèves, sous la houlette de leur professeur Isabelle Formet et d’Emilie Chevillard interprétèrent les 3 morceaux qu’ils avaient travaillés .
- « Pawky » de Dorothy Ashby qui , dans les années 50 a propulsé la harpe dans les formations de jazz aux USA
Et 2 morceaux inédits, composition d’Emilie Chevillard, « Un après midi d’été » et « A genuine one »
Cette expérience ouvrait aux élèves de nouveaux horizons en leur faisant découvrir un monde musical différent de celui qu’ils abordent habituellement et des techniques différentes de toucher de cordes de leur instrument.
Concert - Emilie Chevillard & la
classe d'harpe de l'école de musique de l'Anjou bleu
7 avril - Théâtre de Loiré - 20h Une soirée proposée avec l'Anjou bleu / Pays Segréen
Le temps d'un concert venez découvrir
les morceaux inédits travaillés avec Emilie Chevillard (accueillie avec Colunia). Accrochez-vous pour ce beau
voyage entre improvisation et harmonies !
Entrée libre dans la limite des
places disponibles
A l'occasion de ce concert (et ateliers !), découvrez
l'interview d' Emilie Chevillard par la rédac' de Toque &
Notes.
Comment devient-on harpiste de jazz sachant que cet instrument, la harpe, n'est
pas un instrument que l'on rencontre habituellement dans ce genre musical?
x
Je suppose que ça dépend du parcours de
chacun. Il n'y a pas vraiment de cursus pour ça, quoique maintenant on peut
trouver des workshops, masterclass et stages plus facilement qu'il y a dix
ans... Pour ma part, j'ai toujours aimé improviser, et puis je me suis
confrontée au fait que je ne pouvais intégrer un cursus Jazz car la harpe
celtique ne le permet pas : disons que malgré son nombre élevé de cordes,
certaines manquent encore à son arc pour accéder à certains types d'harmonies.
Je me suis donc armée de patience et j'ai appris une nouvelle harpe dite
"chromatique" qui me permet maintenant d'aller tester ce que j'ai
envie, et c'est principalement en jouant que j'ai appris et que j'apprends
toujours (je n'aurai jamais fini d'ailleurs!).
Colunia à Pouancé en novembre 2016 (photo : Jean Thévenoux)
Comment envisagez-vous les ateliers avec
les élèves de la classe de harpe de l'école de musique de Segré-en-Anjou-Bleu?
Pour moi, ce sera l'occasion de partager
avec eux la façon dont j'aime faire de la harpe. Leur montrer qu'il n'y a pas
forcément besoin de tout écrire pour faire de la musique, et leur donner
quelques bases pour pouvoir s'inventer sa propre partie de harpe lorsque rien
n’est déjà écrit pour l'instrument. L'idée, c'est de faire de la musique
ensemble en s'écoutant et en utilisant des procédés nouveaux comme la lecture
d'une grille, l'improvisation en solo ou collective, explorer différents modes
de jeux possibles. Nous essayerons de créer des choses ensemble à partir des
compos et arrangements que je leur ai proposés et des idées de chacun. Le but
est avant tout de découvrir des choses et de se faire plaisir!
Quelle est la place du jazz dans vos
propres compositions et quelles sont vos influences jazzistiques?
Ça dépend de ce que je cherche dans la
composition, je n'utilise pas systématiquement les mêmes procédés. Je peux
partir d'une métrique que je trouve intéressante, d'un enchaînement harmonique,
d'une idée mélodique... Ceux-ci sont plus ou moins jazzistiques c'est-à-dire
rattachés à des sonorités propres au Jazz, mais là ça ne veut pas dire grand
chose tellement il a évolué et s'est mélangé au fur et à mesure de son
développement, pour moi, c'est plutôt un esprit. L'envie
d'intégrer des passages improvisés, une
part d'inconnu dans chaque morceau, ouvrir les modes de jeu. J'ai pas mal
écouté John Coltrane dans sa dernière période avec McCoy
Tyner qui a un jeu très inspirant pour la harpe, Keith Jarrett, Herbie
Hancock, et autres stars... Alice Coltrane (harpe), Edmar
Castaneda (harpe), Brad Mehldau (piano), Vijay
Iyer (piano), Tigran Hamasyan (piano), Rudresh Mahanthappa (sax), Amir
ElSaffar, Arve Henriksen... Les envies de compositions évoluent
au gré des découvertes musicales..
Herbie Hancock au Saveurs Jazz (photo : Jean Thévenoux)
Et comme vous avez aussi gagné au grattage
on souhaiterait que vous nous fassiez part de votre" Sur la platine
de..." (autre rubrique de Toque et Notes) en 5 disques ?
5 c'est dur!
Love Supreme de John Coltrane, emblème du
Jazz modal pour moi!
Le quatuor à cordes de Ravel (et
celui de Debussy !) c'est juste magnifique, et il y a tant de similitudes avec
les harmonies utilisées dans le Jazz.
Cuarto de Colores d'Edmar Castañeda - latin Jazz
(le premier harpiste à m'avoir mis une grosse claque harpistique et musicale! -
dans le bon sens du terme-)
Red Hail de Tigran Hamasyan, qui a
"modernisé" ma vision du Jazz et qui fait partie des artistes de ma
génération.
Fourteen de Dan Weiss - découvert
beaucoup plus récemment, magnifique écriture
pour 14 musiciens, et subtil mélange avec
improvisation. Très inspirant!