vendredi 8 juillet 2016

La rubrique des lycéens

Deux lycéens de Blaise Pascal sont partis en expédition balade pour la rédac’ hier matin !

Güzu s’est bien produit à Châtelais ce matin de 11h30 à 12h30 dans le cadre d’une Saveurs Jazz en balade. Originaire de Toulouse, ce groupe réinvente le jazz à sa façon, un jazz électrique comme nous l’a confié Sophie, la chanteuse du groupe. Une cinquantaine de personnes était présente au concert pour découvrir ce jazz original qui sort des sentiers battus : il comporte des notes électroniques, ce qui est peu commun. Les musiciens ont joué dans un cadre particulier ; en effet, la scène était située dans le jardin public de la commune. Suite à ce concert, nous les avons interviewés. Damien Gouzou, le batteur qui a également donné son nom au groupe, s’est inspiré de l’espace et de l’hypnose. Sophie et Damien étaient accompagnés d’Oscar à la guitare et d’Étienne au clavier. Après ce spectacle, il y a eu un apéritif très convivial qui annonce enfin le début de l’été !

Thomas & Angéline

C'était hier... Hugh Coltman et Dee Dee Bridgewater

«There was a boy, a very strange, enchanted boy…»
Le public attentif du Saveurs Jazz Festival a su apprécier l’hommage rendu au grand Nat King Cole. Hugh Coltman, gentleman à la voix chaude et gracieuse, a su interpréter magnifiquement Disenchanted, Pretend,et Sweet Lorraine. Le magnifique Smile est véritablement le coup de cœur du public ! Hugh se change en conteur pour nous délivrer l’histoire des chansons de cette légende du jazz. Suivront le sublime Mona Lisa qui commence avec un duo contrebasse / voix qui nous transporte. Enfin, nous entrons avec délicatesse dans le bayou pour le titre Walking. Une prestation rêvée et captivante. Chapeau bas Monsieur Coltman !






On peut dire que Dee Dee Bridgewater a mis le feu à la scène du Parc hier soir. Entourée de musiciens hors pair (Thierry Eliez, Thomas Bramerie, André Ceccarelli, Lionel Belmondo et Nicolas Folmer), la diva nous a livré avec une pêche épatante son album Love and Peace : a Tribute to Horace Silver. Sa très grande complicité avec ses musiciens n’échappe à personne. Également très proche de son public, elle profite des transitions pour faire son show. Son incroyable énergie et l’accessibilité de sa musique ont tout de suite conquis les festivaliers!

Aubance P. & Orianne B.
Photos © Jean Thévenoux

3 questions à Anto Squizzato

Découvrez son univers pop-constructiviste dans le hall du parc expo !

Quelles techniques utilisez-vous pour réaliser vos œuvres ?
J’utilise des techniques assez variées. Pendant 20 ans, j’ai dirigé une agence de pub, donc j’utilisais beaucoup d’outils technologiques : dessin vectoriel, peinture sur Photoshop, image de synthèse et l’animation. Il y a quatre ans, j’ai décidé de revenir à des choses plus matérielles et à retravailler avec mes mains. J’ai donc quitté la pub pour me consacrer à la création traditionnelle. Je me suis mis à beaucoup dessiner sans technologie. Pour toutes mes œuvres, je travaille sur la lumière, les dégradés, les ombres, etc. Je préfère travailler à l’huile parce que c’est plus sensuel et plus lent, on a le temps de revenir sur les couleurs. Par contre, pour tout ce qui est en aplat et graphique, je travaille à la peinture acrylique. En ce moment, je fais aussi quelques aquarelles, j’expérimente pas mal de choses, je reviens à la technologie, j’hybride. Je maquette certaines choses sur ordinateur, ensuite je peins, je fais des échanges entre le digital et des techniques très classiques.

Parlez-nous de l’affiche du Saveurs Jazz Festival.
L’affiche de cette année est réalisée avec de l’acrylique liquide et de l’encre de Chine. Je me suis inspiré de Jim Flora, artiste américain que j’aime beaucoup, très actif dans l’univers du jazz, directeur artistique de RCA Victor et Columbia Records dans les années 50. Il a fait beaucoup de jaquettes de disques avec du dessin très naïf, mais aussi des livres pour enfants, de la peinture… Cette idée de ne pas avoir de frontières et de s’ouvrir à plusieurs disciplines est intéressante. Pour moi, les jaquettes de Jim Flora comptent parmi les plus belles.

D’autres inspirations ?
Je suis un fan éternel de Paul Klee et de toutes ses théories, lui qui était un musicien de bon niveau et qui avait un rapport particulier avec la musique. Il jouait notamment avec Vassily Kandinsky. Ensemble, ils ont établi des relations entre la musique et le graphisme, la répétition de motifs. Tous deux étaient liés au courant artistique du Bauhaus. J’aime aussi le constructivisme, avec les peintres russes comme Malevitch, qui ont refusé l’art académique pour lui préférer un art très fonctionnel. On retrouve cet élément de manière assez forte dans ce que je fais : j’utilise des formes assez simples, qui ont chacune une fonction. J’ai appelé mon univers le pop-constructivisme, c’est un clin d’œil. Comme eux, je ne voulais pas m’adosser à un mouvement. Aujourd’hui, on aime vraiment vous mettre dans des cases. Moi qui sortais d’un univers d’entreprise ou on mettait les gens dans des cases, je ne voulais plus ça. J’ai donc décidé de créer mon mon pop-constructivisme en piochant dans toutes ces influences : le constructivisme, le dadaïsme, le Bahaus, mais aussi la culture graphique et les mouvements punk, le do it yourself, et la culture pixel. D’ailleurs, petit, j’ai commencé à dessiner des jeux vidéo en pixel art. Ado, je passais mes nuits sur mes tout premiers ordis à dessiner des petits bonshommes en pixels. J’ai dessiné d’abord sur ordinateur avant de dessiner sur papier.

Êtes-vous musicien ?
Non, enfin je suis un mauvais musicien, parce que j’ai toujours joué avec des séquenceurs, des machines. Par contre, je travaille sur pas mal de projets de jaquettes avec des labels de disque, que j’ai connus par le biais des jeux vidéo. Je m’intéresse particulièrement à la chiptune, genre musical qui rappelle la musique de game boy. Je participe également à un label malouin spécialisé dans le post-rock, et à un netlabel scandinave qui œuvre dans l’univers de la musique atmosphérique, minimaliste.

Attendez-vous un concert en particulier ?

Pas vraiment, je suis venu au dernier moment. Quand je fais les affiches, je travaille souvent avec de fausses programmations car les artistes ne sont pas encore annoncés. Mais j’ai écouté Avishai Cohen, j’ai trouvé ça très bien donc j’irai sûrement le voir !

Hélène R.
Photos © Jean Thévenoux

jeudi 7 juillet 2016

Dans la marmite de... Éric Séva, le bleu du jazz

J’ai commencé mon parcours à 5 ans par la tradition orale car mon père, musicien, faisait du jazz et de la variété. Il m’a appris sous forme de jeu, à reproduire ce qu’il faisait. C’était un bon apprentissage ludique. Ensuite, je suis allé au conservatoire et j’ai suivi un cursus d’études classiques pendant six ans à l’École Normale de Musique de Paris. J’ai eu la chance de rencontrer Dave Liebman, immense musicien et excellent pédagogue, auprès duquel j’ai beaucoup appris. Les groupes, les projets, les collaborations, les enregistrements se sont enchaînés tout de suite après les études. C’est un métier généreux fait de rencontres, de métissage, c’est extrêmement riche. Le jazz, c’est une musique qui porte en elle, depuis ses origines, des valeurs de partage, de convivialité, de respect et de communication. C’est une musique qui n’a jamais cessé de se renouveler. Elle est vraiment actuelle et puissante et se mélange avec différentes inspirations. Toutes les musiques nourrissent l’imaginaire. J’aime le rock, la musique folklorique de l’Europe de l’Est, que l’on peut entendre dans mes compositions. J’apprécie beaucoup la musique brésilienne riche en mélodies, harmonies et rythmes, trois ingrédients indispensables. C’est un peu comme la cuisine, il faut de bons ingrédients pour faire de la bonne musique. Je n’appartiens pas à une musique, mais à toutes les musiques qui m’animent, me portent pour écrire, composer, jouer. Dans mon quartette, pour le projet Nomade Sonore, nous avons développé l’interactivité entre les différents instruments, nous pouvons improviser à plusieurs. En cuisine, le mariage des saveurs est important. En musique, le mariage des timbres est déterminant, comme l’association du trombone et du saxophone est complémentaire. C’est une belle compatibilité, qui donne un son particulier à ce quartet, notamment sans la présence d’instruments harmoniques (piano, guitare, accordéon). D'origine, je suis parisien mais j’habite depuis neuf ans dans le sud-ouest. C’est un pays de cocagne, un vrai festival de saveurs. L’art culinaire français fait appel au goût, à l’odorat. La musique fait appel aux oreilles. Nous avons beaucoup de chance d’avoir ce patrimoine. J’ai envie de vous donner une recette du sud-ouest transmise par mon beau-père. C’est un magret de canard au gros sel et au poivre, c’est délicieux ! Je fais revenir sur la plancha les magrets sur le côté gras pour le diminuer et les dorer. Je coupe les magrets en fines tranches de 3-4 cm, je les sale, mets du poivre de Madagascar et des herbes de Provence. J’accompagne ce plat avec des légumes grillés comme les célèbres tomates de Marmande légèrement grillées ou macérées dans du citron. Je sers avec un rosé bien frais comme un Côte de Duras ou de Marmande.

Gisèle C.

3 questions à Güzu

Güzu, c’était ce matin au Saveurs Jazz en Balade de Châtelais, et c’était électrique ! Nous avons interrogé Damien Gouzou, le leader du groupe.

Comment s’organise la composition au sein de votre groupe ?
La composition musicale au sein du groupe s’organise en deux mouvements. Dans un premier temps, j’écris toute ma musique à la note près sur partition, sans nuances - car je souhaite garder ce côté un peu « froid » des musiques électroniques - et sans indications de phrasé. Ensuite, nous travaillons les morceaux tous ensemble. Il y a beaucoup de thèmes à l’unisson guitare voix ; je fais entièrement confiance à Oscar [guitare] et Sophie [voix] pour qu’ils trouvent un terrain d’entente sur l’interprétation. Enfin, j’envoie les partitions et les maquettes audio aux copains pour qu’ils puissent travailler leurs traits avec les bons enchaînements de tempo. Surtout lorsqu’il y a pas mal d’équivalences rythmiques, ou bien pour pouvoir entendre « les couleurs rythmiques » pour ne pas citer Benoît Delbecq [pianiste et compositeur], lorsqu’il y a des superpositions de débits. Une fois en résidence, on joue les parties écrites tous ensemble, on expérimente, on insère les parties improvisées (s’il doit y en avoir, suivant l’envie de chacun), on fait un petit plongeon en piscine, on modifie, on étire, on raccourcit, on choisit les sons, ça peut prendre beaucoup de temps mais c’est nécessaire pour avoir un très bon son de groupe.


Comment définissez-vous votre style de jazz ?
C’est un jazz électrique [ou jazz fusion, mêlant des éléments extraits du jazz avec d’autres courants musicaux comme le rock et le funk, NDLR].

Le Saveurs Jazz Festival mêle la cuisine à la musique. Si vous deviez comparer votre musique à des saveurs culinaires, quelle recette choisiriez-vous ?
Lorsque nous sommes en résidence au studio chez mes parents, nous avons droit à coup sûr à un bœuf bourguignon. Un plat qui nous a aidés à prendre les bonnes décisions musicales.
Hélène R.

Dans la bibliothèque de...Orquesta de la calle, fanfare cubaine passionnée et passionnante !

Pourriez-vous présenter le groupe ?

Tobie Koppé (congas, percussions) : Le groupe existe depuis plus de deux ans et est à l’initiative de Benjamin Lebert (sousaphone). Il voulait une fanfare de musique cubaine, ce qui n’existe pas vraiment. L’idée était de pouvoir être mobile. Orquesta de la Calle signifie « orchestre de la rue ». La formation est assez réduite : deux cuivres, un sousaphone, deux percussionnistes et la guitare. 

Comment vous êtes-vous connus ?

T.K. : Dans d’autres projets où on a joué ensemble.
Erwan Thobie (trombone) : Je connaissais Benjamin dans une autre fanfare et on a sympathisé. Je joue dans un autre groupe qui s’appelle Sergent Pépère. J’ai fait des remplacements dans des groupes et il m’a proposé de remplacer le trompettiste de l’Orquesta de la Calle, que j’ai rejoint plus tard. 

Quelle est votre sélection de livres, disques, bandes dessinées ?

E.T. : Headhunters, Herbie Hancock Grâce à mon prof de jazz, j’ai découvert plein de choses, notamment cet album qui est vraiment mythique. L’influence latine du batteur me plaît. Ça groove, c’est super. 
Mingus Mingus Mingus, Charlie Mingus Mon album de chevet que j’ai écouté mille fois, c’est Mingus, que des tubes, que des superbes morceaux sur son voyage au Mexique.
Le naufragé de A, Fred Cette BD porte sur un monde imaginaire où le héros tombe dans un puits et arrive dans un monde parallèle, le monde des lettres de l’océan Atlantique. Chaque lettre écrite sur la carte de l’océan correspond à une île où il se passe plein de choses. C’est tout le côté absurde de Fred qui me plaît. Un monde complètement fantastique avec des idées assez marrantes sur la société.

T. K. : Rural, Etienne Davodeau Cet auteur habite dans le village où je vis, dans les coteaux du Layon du Maine-et-Loire. Cette excellente BD traite à la manière d’un reportage de la construction de l’autoroute Angers-Cholet, de la délocalisation des paysans et des habitants qui ont été éjectés au milieu des années 80. C’est une BD forte et engagée. 
Tinto Puento Il est le percussionniste avec qui j’ai commencé mon éducation musicale autour de la musique cubaine et latino-américaine.
You must believe in Spring, Bill Evans Je l’ai découvert il y a 25 ans, c’est un superbe album très accessible. J’aime sa musique et l’espace de suggestion dans les choses qui ne sont pas jouées.
Oumou Sangare Je l’ai beaucoup écoutée, c’est une diva africaine malienne et une très grande chanteuse, tout comme Lila Downs. Cette dernière était engagée pour la culture des Indiens du Mexique. C’est de la musique latino-américaine.

Aubance P. et Orianne B.

Le visuel du jour

Lost in the City, peinture d’Antony Squizzato, artiste ayant réalisé l’affiche de cette 7ème édition.

« C’est une multitude de visages à l’endroit, à l’envers, dansants en pièces détachées qui me rappellent ce que je voyais étant petite quand je levais la tête dans la foule. Elle te désoriente, elle t’emporte. » Aubance, membre de la rédac'

« Ce tableau me fait penser à des triangles perdus. Il m’évoque aussi des hiéroglyphes par la façon dont les formes sont disposées. » Philippe, festivalier

« Elle nous fait penser à des bonshommes qui marchent et discutent. La couleur nous fait songer à un marché grouillant d’activité dans une grande ville. » Collégiens de Georges Gironde