Lors
du concert du quartet Colunia, à Pouancé en 2016 (à l'occasion de Jazz Tempo),celui-ci s’était achevé par la restitution
publique du travail que la harpiste Emilie Chevillard avait réalisé dans la
journée avec la classe de harpe de l’Ecole de musique de l’Anjou Bleu.
Devant
le succès de cette initiative Jazz au Pays et le Pays Anjou Bleu
sollicitèrent Emilie Chevillard pour donner une suite à cette initiative. C’est
ainsi qu’ au cours de l’année 2017 furent organisés plusieurs ateliers qui devaient
déboucher sur un concert plus "consistant".
photo Jean Thévenoux
Ces ateliers ont ainsi débouché sur un concert au théâtre de Loiré le 7 avril dernier où les élèves, sous la houlette de leur professeur Isabelle Formet et d’Emilie Chevillard interprétèrent les 3 morceaux qu’ils avaient travaillés .
- « Pawky » de Dorothy Ashby qui , dans les années 50 a propulsé la harpe dans les formations de jazz aux USA
Et 2 morceaux inédits, composition d’Emilie Chevillard, « Un après midi d’été » et « A genuine one »
Cette expérience ouvrait aux élèves de nouveaux horizons en leur faisant découvrir un monde musical différent de celui qu’ils abordent habituellement et des techniques différentes de toucher de cordes de leur instrument.
Concert - Emilie Chevillard & la
classe d'harpe de l'école de musique de l'Anjou bleu
7 avril - Théâtre de Loiré - 20h Une soirée proposée avec l'Anjou bleu / Pays Segréen
Le temps d'un concert venez découvrir
les morceaux inédits travaillés avec Emilie Chevillard (accueillie avec Colunia). Accrochez-vous pour ce beau
voyage entre improvisation et harmonies !
Entrée libre dans la limite des
places disponibles
A l'occasion de ce concert (et ateliers !), découvrez
l'interview d' Emilie Chevillard par la rédac' de Toque &
Notes.
Comment devient-on harpiste de jazz sachant que cet instrument, la harpe, n'est
pas un instrument que l'on rencontre habituellement dans ce genre musical?
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Je suppose que ça dépend du parcours de
chacun. Il n'y a pas vraiment de cursus pour ça, quoique maintenant on peut
trouver des workshops, masterclass et stages plus facilement qu'il y a dix
ans... Pour ma part, j'ai toujours aimé improviser, et puis je me suis
confrontée au fait que je ne pouvais intégrer un cursus Jazz car la harpe
celtique ne le permet pas : disons que malgré son nombre élevé de cordes,
certaines manquent encore à son arc pour accéder à certains types d'harmonies.
Je me suis donc armée de patience et j'ai appris une nouvelle harpe dite
"chromatique" qui me permet maintenant d'aller tester ce que j'ai
envie, et c'est principalement en jouant que j'ai appris et que j'apprends
toujours (je n'aurai jamais fini d'ailleurs!).
Colunia à Pouancé en novembre 2016 (photo : Jean Thévenoux)
Comment envisagez-vous les ateliers avec
les élèves de la classe de harpe de l'école de musique de Segré-en-Anjou-Bleu?
Pour moi, ce sera l'occasion de partager
avec eux la façon dont j'aime faire de la harpe. Leur montrer qu'il n'y a pas
forcément besoin de tout écrire pour faire de la musique, et leur donner
quelques bases pour pouvoir s'inventer sa propre partie de harpe lorsque rien
n’est déjà écrit pour l'instrument. L'idée, c'est de faire de la musique
ensemble en s'écoutant et en utilisant des procédés nouveaux comme la lecture
d'une grille, l'improvisation en solo ou collective, explorer différents modes
de jeux possibles. Nous essayerons de créer des choses ensemble à partir des
compos et arrangements que je leur ai proposés et des idées de chacun. Le but
est avant tout de découvrir des choses et de se faire plaisir!
Quelle est la place du jazz dans vos
propres compositions et quelles sont vos influences jazzistiques?
Ça dépend de ce que je cherche dans la
composition, je n'utilise pas systématiquement les mêmes procédés. Je peux
partir d'une métrique que je trouve intéressante, d'un enchaînement harmonique,
d'une idée mélodique... Ceux-ci sont plus ou moins jazzistiques c'est-à-dire
rattachés à des sonorités propres au Jazz, mais là ça ne veut pas dire grand
chose tellement il a évolué et s'est mélangé au fur et à mesure de son
développement, pour moi, c'est plutôt un esprit. L'envie
d'intégrer des passages improvisés, une
part d'inconnu dans chaque morceau, ouvrir les modes de jeu. J'ai pas mal
écouté John Coltrane dans sa dernière période avec McCoy
Tyner qui a un jeu très inspirant pour la harpe, Keith Jarrett, Herbie
Hancock, et autres stars... Alice Coltrane (harpe), Edmar
Castaneda (harpe), Brad Mehldau (piano), Vijay
Iyer (piano), Tigran Hamasyan (piano), Rudresh Mahanthappa (sax), Amir
ElSaffar, Arve Henriksen... Les envies de compositions évoluent
au gré des découvertes musicales..
Herbie Hancock au Saveurs Jazz (photo : Jean Thévenoux)
Et comme vous avez aussi gagné au grattage
on souhaiterait que vous nous fassiez part de votre" Sur la platine
de..." (autre rubrique de Toque et Notes) en 5 disques ?
5 c'est dur!
Love Supreme de John Coltrane, emblème du
Jazz modal pour moi!
Le quatuor à cordes de Ravel (et
celui de Debussy !) c'est juste magnifique, et il y a tant de similitudes avec
les harmonies utilisées dans le Jazz.
Cuarto de Colores d'Edmar Castañeda - latin Jazz
(le premier harpiste à m'avoir mis une grosse claque harpistique et musicale! -
dans le bon sens du terme-)
Red Hail de Tigran Hamasyan, qui a
"modernisé" ma vision du Jazz et qui fait partie des artistes de ma
génération.
Fourteen de Dan Weiss - découvert
beaucoup plus récemment, magnifique écriture
pour 14 musiciens, et subtil mélange avec
improvisation. Très inspirant!
Vous le savez, l'association Jazz au Pays tisse son fil toute l'année avec de nombreuses actions culturelles sur le territoire de l'Anjou bleu. Cette année, Xavier Thibaud mène depuis septembre des ateliers auprès de deux ensembles du territoire. Présentation et revue d'effectifs avant les 2 concerts prévus fin mars...
Xavier Thibaud, qui êtes-vous ?
Je suis saxophoniste baryton et j'ai commencé par le spectacle de rue dès 1998 au sein d'une fanfare (Zephyrologie) avec laquelle j'ai joué pendant 12 ans et qui m'a amené à me produire partout en France, mais aussi en Europe et au Canada.
Depuis une dizaine d'années, je joue dans différents projets, notamment au sein du collectif nantais 1name4acrew (Pulsar, Zounds, SubuteX, Kind of Pop) mais aussi avec d'autres musiciens des Pays de la Loire (Slurp BB, Marabout OrkestraNDR: tous deux venus au Saveurs Jazz !).
Au cours de ma vie de musicien, j’ai eu l'occasion de travailler avec des ensembles amateurs, comme la Fanfare du Coin depuis cinq ans, ou encore de participer à des créations avec des Harmonies ou de jeunes musiciens issus d'écoles de musique.
Le projet Kind Of Pop, qu’est-ce que c’est ?
L’idée de Kind of Pop est née d'une réflexion d'Alexandra Charrier qui s'occupait alors des actions culturelles pour le Pannonica. Elle souhaitait susciter l’intérêt des collégiens pour l'écoute du jazz et des musiques improvisées. En effet, le jazz n'a pas toujours eu l'image qu'il peut avoir actuellement : celle d'une musique difficile d'accès. C'est à l'origine une musique de danse, populaire, et de tout temps les musiciens de "jazz" ont emprunté au répertoire populaire pour en avoir une relecture improvisée.
C'est donc naturellement que nous avons décidé de réinterpréter des standards de la pop actuelle pour ouvrir non seulement les collégiens mais tous les publics à cette forme instrumentale.
Comment se déroulent les séances de travail avec les élèves de l’orchestre de Segré et Candé ?
Nous avons travaillé sur des tubes très récents que je ne vous révélerai pas pour ne pas gâcher la surprise, le but du spectacle étant que le public trouve les morceaux réinterprétés ! J'ai proposé des arrangements aux orchestres, je veux avant tout que les musiciens comprennent l'importance du rythme et de la tourne (du "groove"), mais aussi qu'ils sortent le nez de leurs partitions pour jouer ensemble. Je veux qu'ils aient une vision globale de la structure du morceau afin de pouvoir la rendre flexible. Je suis allé à plusieurs reprises diriger les ensembles avec l'aide d'Emmanuel Dardelle et de Julien Behar qui travaillent toute l'année avec eux et qui ont pu m'aiguiller sur le travail à réaliser. Je voulais que les musiciens adhèrent au projet par le choix du répertoire, qui reflète la musique qu'ils écoutent, mais qu'ils comprennent la difficulté d'enlever le chant (support principal du sens et de la mélodie dans la pop) et de trouver de la matière musicale dans ces morceaux.
À quoi ressemblera le concert ?
Le concert commencera par quelques morceaux de Kind of Pop, vite rejoint par l'orchestre de Segré puis par l'orchestre de Candé. Nous serons alors plus d'une vingtaine sur scène. J'aimerais que ce concert soit avant tout un moment jubilatoire pour les musiciens et donc pour le public car le jazz permet ça, cette liberté de jouer et de s'amuser sur scène.
Retrouvez Xavier Thibaud et son quartet Kind of Pop en concert avec l'orchestre du collège Georges Gironde de Segré en Anjou Bleu et l'orchestre junior de Candé (École de Musique de l'Anjou bleu) :
Vendredi 30 mars : Candé - Salle Beaulieu - 20h30
Samedi 31 mars : La Pouëze - Théâtre de l'Ardoise - 20h30
Gregory Porter, Mark Guiliana, Roberto Fonseca, Electro Deluxe, Selah Sue, Binker & Moses, Festen, Elodie Pasquier... les premiers noms du Saveurs Jazz donnent l'eau à la bouche!
On récapitule tout ça avec la playlist vidéo à suivre. Bonne découverte :)
En ce début
d’année 2018 la plasticienne Nine Geslin, invitée par l’Anjou bleu, était en résidence dans le
Pouancéen et ses œuvres exposées pendant le mois de janvier sur les murs de
l’Atelier Legault.
Telle une
araignée inspirée elle tisse de ses fils de métal d’immenses personnages
aériens, vagabondant sur un chemin toujours identique toujours différent.
En bon béotien
de base, je laisse aux Diafoirus de la critique le soin d’étaler leur érudition
comme de la confiture et me contente de me demander si dans toutes ces œuvres
il en est que je pourrais chaque jour contempler sans jamais m’en
lasser. Voila mon critère de Beau et de Bon.
Et là dans cette
exposition à l’entrée une toile
lumineuse et toute de douceur à la fois, un soleil qui vous illumine à
l’aube d’un jour nouveau. Et tout à son opposé une sculpture Dame Noire au manteau écarté qui vous
accueille bras grand ouverts pour le chemin des rêves nocturnes.
photo: Culture Anjou bleu
Et ce vendredi
21 janvier pour conclure cette exposition l’Anjou bleu nous invitait à un
ciné-concert animé par le duo composé de Julien Behar au saxophone et
d’Alexandre Gosse au piano ( 2 artistes que l’on a déjà croisés sur la scène
des Saveurs Jazz).
Leurs
compositions accompagnaient le court métrage d’animation réalisé par Nine
Geslin comme une longue invitation au voyage et au rêve.
Le Saveurs Jazz 2018, qui se déroulera du 5 au 9 juillet prochains, accueillera notamment Selah Sue,Gregory Porter et Élodie Pasquier. Aujourd'hui, nous sommes ravis de vous dévoiler l’affiche de cette 9e édition !
Pour la deuxième année consécutive*, elle a été réalisée par la
graphiste Manica
Jean-Louis, que nous avions interviewée l’an dernier. La rédac’ est
conquise par ce nouveau visuel aux couleurs chaleureuses qui nous sert le jazz
sur un plateau. Nous avons hâte de swinguer sous ces guirlandes lumineuses. Et
vous ?
*Chouette ! Pour la première fois, une affiche du Saveurs Jazz apparaît dans le top des affiches de festivals 2017 de Konbini, #213. L'occasion de découvrir de très beaux visuels.