dimanche 19 juillet 2015

La rédac’ à la découverte des comestibles

Visite botanique coup de cœur !

Adrien Plassais nous fait découvrir mille et une plantes sur une courte distance de chemin. Le rendez-vous a lieu dans le joli village vallonné de Châtelais. Animateur nature pour l’association d’éducation à l’environnement Grain de pollen (Treillières, 44), il nous fait partager sa passion et nous entraîne naturellement dans une redé

couverte des plantes du jardin et des mauvaises herbes que nous arrachons. Le chénopode, plante pionnière qui couvre nos terrains en début de saison est délicieuse crue, en salade ou cuite. Il se cuisine à la manière des épinards dont il a aussi le goût. Le pourpier, encore une plante maudite que l’on désherbe en août, se savoure en salade. La capucine (feuilles et fleurs), développe une saveur poivrée. Ciselée, elle agrémente les plats.


Un public connaisseur entoure Adrien qui partage ses savoirs : « Il y a cent ans, un enfant de huit ans connaissait vingt plantes. Aujourd’hui, il en connaît trois : ortie, pissenlit et pâquerette. Pour la cueillette des plantes sauvages, il est préférable de vérifier son butin pour éviter toute confusion fâcheuse. » L’assemblée est très motivée pour découvrir les vertus médicinales d’autres plantes : chélidoine, plantain, achillée millefeuille. Notre orateur a préparé une dégustation de mauve et de bourrache et concocté une petite préparation crémeuse à base de lierre terrestre. Le tout arrosé de vin de sureau et de champagne des fées.


Saveurs Jazz oblige, la visite s’est prolongée par un concert échevelé du groupe savoyard Pitt Poule qui nous a servi un mélange audacieux de musique. .manouche et de hip-hop assorti d’une énorme dose d’humour. L’auditoire a été conquis !

Si vous avez envie de manger des fleurs en écoutant du hip-hop manouche, rendez-vous sur :
http://sauvagement-bon.blogspot.fr/ et http://www.pittpoule.com/.


J.T. et N.H.

Dans la marmite de Steak

Ce groupe s’est formé il y a 18 mois. Ses membres se sont rencontrés à Tours. Le réseau Jazz émergence les accompagne à travers de nombreux concerts en Pays de la Loire (dont ils sont originaires) et au festival Jazz in Marciac.
C’est en bord de Loire, sur les plages de Tours qu’ils aiment se retrouver l’été autour d’un pique-nique pour déguster des salades composées d’avocats, de tomates, de maïs, d’oignons rouges servies avec une sauce au vinaigre balsamique et au miel. Ils l'accompagnent de comté, de bon pain, de camembert au lait cru. Leur dessert préféré est le fondant au chocolat, celui dont la recette est au dos de la tablette de chocolat noir Nestlé.
Leurs goûts musicaux se portent principalement sur des jazzmen comme Ornette Coleman, Keith Jarrett…
En conclusion : « Malgré tout, il n’y a rien de mieux qu’un steak avec une petite sauce… »

Pour donner du piquant, la rédac’ vous propose une sauce au poivre qui agrémentera le steak : verser dans une casserole 4 cuillères à café de fond de viande et 10 cl d’eau chaude. Mettre sur le feu et mélanger jusqu’à obtenir un mélange homogène et lisse. Ajouter 100 g de fromage (type St Môret), 20 cl de crème fraîche liquide, 2 cuillères à café de poivre concassé et mélanger. Laisser fondre à feu doux pendant quelques minutes en remuant de temps en temps. C’est prêt !

N.H. et G.C.


C'était hier Nicolas Folmer-Horny Tonky et Lucky peterson

Le groove de Nicolas Folmer dynamite le public segréen en honorant les honky tonks de la Nouvelle-Orléans, dans une ambiance évoquant les rues fumantes et les klaxons de New York. Le trompettiste aux multiples projets explore les confins du rock, du funk et même du reggae. Les musiciens participent au tournant radical du trompettiste explosif : l’accompagnent un saxophoniste élégant et talentueux, un batteur virtuose ainsi qu’un guitariste et un bassiste psychédéliques. Le titre Jungle Rock, écrit de main de maître pour son guitariste fétiche Thomas Cœuriot, rend hommage à James Brown pour le plus grand plaisir des festivaliers du Saveurs.




Un sourire jusqu’aux oreilles éblouit la scène en deuxième partie, celui de l’immense artiste : Lucky Peterson. Il nous invite dans l’antre des bluesmen, dans laquelle il dispense son jazz avec générosité. Cet organiste, guitariste et chanteur nous fait partager tout l’héritage du gospel et du blues, en passant d’un morceau plein d’énergie à une balade sensuelle.
On peut en faire des choses en 12 mesures, le prince du blues est là pour nous le prouver ! L’enthousiasme a gagné les spectateurs lorsqu’il a traversé la salle de part en part, accompagné de sa guitare. Cet instant est inoubliable, il maîtrise la tension à la perfection lors d’un solo dont nous nous souviendrons. Une note tenue et c’est l’extase! Après une intro à la Jimi Hendrix, un boogie woogie endiablé enflamme la scène.

Une osmose se créé entre Lucky Peterson et Nicolas Folmer lors d’un dernier morceau inspiré d’un thème écrit par le trompettiste.


Myriam et Orianne

3 questions à Vincent Bertholet, contrebassiste et fondateur de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp

L’OTPMD se nourrit d’une myriade d’influences, réunies dans son dernier album Rotorotor avec une précision déconcertante, mêlée d’une énergie remarquable.


Comment s’organisent la composition et l’écriture au sein du groupe ?


Je suis à l'origine de la plupart des morceaux, qui restent collectifs : nous partons en général d'une ligne de basse et d'un groove. Parfois j'ai une idée de thème ou de riff un peu plus précis, mais le plus souvent, notre base est très minimaliste. Ensuite nous improvisons tous ensemble sur cette base... des idées se dégagent, nous enregistrons tout puis je fais des propositions par rapports à nos impros. En cas de difficultés à se mettre d'accord, j'ai toujours le dernier mot. C'est une des idées fondatrices de ce groupe : je ne ferai jamais de compromis, tous les musiciens qui nous rejoignent le savent et l’acceptent. Les textes sont écrits en grande majorité par Wilf, notre batteur écossais, qui se base sur les improvisations de Liz, la chanteuse.


Pour votre album Rotorotor, qu’a apporté le producteur John Parish[i] à votre musique ?


Il a réussi à retranscrire une énergie, une poésie que l'on ne retrouvait que sur scène. Étant une des personnes les plus bienveillantes que l'on puisse rencontrer, il nous a mis très à l'aise pour que nous soyons capables de donner le meilleur de nous-mêmes. Tout ça de façon très subtile. Il a peu touché aux structures des morceaux, n'intervenant qu'ici ou là, pour enlever quelques mesures, proposer un overdub[ii]. C'est un ensemble de petites choses qui font que son travail est exceptionnel.


D’où est venue l’idée de mettre à l’honneur Marcel Duchamp dans le nom de votre orchestre ?


Une idée de notre tromboniste Mathias Forge, investi dans l'art contemporain. Ça collait bien à ce que je voulais : Duchamp a toujours refusé d'être catalogué dans un courant, il a toujours nié être dadaïste ou surréaliste, même s'il en était proche. Son droit à la paresse qu'il revendiquait, son grand humour, m'ont beaucoup touché. C'était aussi pour créer une tension avec orchestre tout puissant, appellation très courante des orchestres d’Afrique de l'Ouest. La volonté de rassembler des mouvements contradictoires. Mais c'était quand même une blague au départ, il y a avait pas de grand concept derrière tout ça.



[i] Musicien et producteur anglais, il a notamment collaboré avec PJ Harvey.
[ii] Technique qui consiste à ajouter des sons à un morceau déjà enregistré.


Hélène et Anne-Cécile

samedi 18 juillet 2015

La rédac' a testé pour vous la balade jazz & conte avec Kwal et Des Lions pour Des Lions

Les pieds dans l’eau, les trombonistes de la fanfare doux-dingue Des Lions pour Des Lions accueillent quelques 150 spectateurs Place du Moulin sous la tour. 

En procession, nous suivons le bord de l’Oudon au rythme solennel du tambour, jusqu’à notre premier rendez-vous avec le conteur/slameur Vincent « Kwal » Loiseau sous un saule pleureur.

Celui qui se définit comme un « chasseur d’anecdotes » partage ses souvenirs de voyages. Nous traversons avec lui le Mali, l’Inde des Ladakhis, et même Pissote, en Vendée. Notre itinéraire est semé de personnages touchants. Une vache est transformée en sac de contrefaçon suite à sa rencontre avec un train. Adi l’enfant de la rue devient chanteur à Bamako. Tata Marie, vendéenne pure souche, offre des biscuits boudoirs périmés depuis 1992 à tous ses visiteurs. 

Entre les Chroniques des Bouts du Monde poétiques et tendres de Kwal, Des Lions pour des Lions battent le tambour, soufflent dans leurs cuivres et rugissent des onomatopées avec une énergie décoiffante. Une balade originale qui réunit deux univers. Laissons Kwal résumer l’instant : « Il n’y a pas de hasards, que des rendez-vous ».

Hélène

Antoine, saxophoniste, est originaire de Toulon. Élève de Nicolas Folmer pendant 7 ans au conservatoire, prépare actuellement un master pédagogique dans une école à Lausanne dans le but d’enseigner. Il joue cette année avec N. Folmer dans son groupe Horny Tonky. Les années précédentes il s'est produit avec José Caparros, Pablo Gil et Maria Alexandra sur le festival.

« À mon âge, c'est une chance, ça m'ouvre des perspectives d'évoluer avec des musiciens exceptionnels, c'est l'extase ! Le poste de technicien en tant que bénévole m'a permis de me rendre compte du travail fourni. Ils sont les premiers levés et les derniers couchés. Ils font 50 % de notre boulot, rien n'est possible sans eux. C'est devenu mon deuxième métier, c'est complémentaire, un côté artiste et l'autre technicien. Le fait de travailler tous ensemble donne un plan plus large de l'attente du public pour l'emmener dans notre univers. Il faut se remettre en question, sur la technique, sur la musicalité. L'échange avec le public nourrit le musicien. Être un grand musicien demande beaucoup d'humilité et de gratitude, il faut savoir rester simple, juste, honnête et accessible. Ces valeurs m’ont été transmises par mes parents et N. Folmer. La certitude n’est pas de mise, on peut avoir une idée précise des choses, mais il ne faut pas être dans la recherche de l'excellence pour l'excellence. Une bonne maîtrise instrumentale donne l'émotion. On n'est pas obligé de réfléchir, on laisse juste la musique couler.


D'origine italienne par ma grand-mère, mon père adore cuisiner, il nous a transmis cette passion. J'aime beaucoup faire du risotto : faire revenir dans une casserole le riz spécial Arborio avec du beurre et des oignons, jusqu'à ce qu'il soit translucide. Préparer un bouillon de viande ou de légumes, ajouté au fur et à mesure. Cela nécessite une surveillance continue. La touche finale parfaite, c'est d’incorporer du beurre, un peu de crème liquide et pas mal de parmesan italien. Servir ce plat avec des petits filets de poisson de lac ou de rivière comme la truite. L'agrémenter avec un peu de basilic et dresser les filets en éventail sur le risotto avec un zeste de citron. À déguster avec une bonne bouteille de rouge : le Cunan 2002, un Bandol. En dessert, j'aime bien le tiramisu au café mais je préfère le gâteau aux noix avec de la crème anglaise, gâteau nantais de ma grand-tante. Je connais un restaurant français, Le pied de cochon, à Paris, ouvert toute la nuit. Les serveurs sont habillés en grand tablier blanc, la décoration date des années 40. Ils servent dans de vieilles assiettes une gastronomie traditionnelle française. 

Depuis que je suis dans le ventre de ma mère, j'ai été bercé par de la musique. Mon père est mélomane, pianiste et trompettiste. Il m'a permis d'avoir une culture musicale jazz, pop française et anglaise, classique... Je peux lui poser n'importe quelle question, lui jouer n'importe quelle mélodie, il connaît l'année de l'album, son compositeur et les anecdotes de studio. Il est pour moi la médiathèque française. Il n'a pas été là pour nous imposer la musique : « vous en faites ce que vous voulez ». Cette approche m'a appris à développer mon oreille, à digérer ce que j’entends. Les études m'ont montré qu'il faut aller plus loin dans la musique. Pour pouvoir dire qu'on la comprend, il faut faire du jazz, il faut en passer par là. Avec le jazz, on développe l'harmonie, on comprend les différentes tessitures d'instruments, trompette, hautbois, violon... Après on montre qu'on est là et qu'on est prêt à travailler. »
Cet esprit lucide est une réelle force pour Antoine, quelle philosophie de vie !!!



Propos recueillis par Gisèle et Nadège

3 questions à Thibaud Rouvière, guitariste de Minuit10

Minuit10 est un quatuor issu de l’Institut Musical de Formation Professionnelle qui fait partie du réseau Jazz Émergence. Ses influences éclectiques nous transportent, entre jazz, rock et musique du monde.


Comment fonctionne le réseau Jazz Émergence et que vous apporte-t-il ?

Jazz Émergence regroupe cinq centres de formation de la musique et permet tous les ans à un groupe de musiciens issu de chaque école de se produire sur plusieurs dates, notamment sur des festivals jazz tels que le Saveurs Jazz, Avoriaz ou encore Jazz à Marciac.
C'est une super opportunité pour nous, bien sûr, puisque c'est un moyen de se faire connaître ailleurs que dans notre région, de rencontrer les membres des autres groupes, des professionnels du spectacle et surtout des publics différents.

Votre formation ne compte pas moins de trois Rouvière ! Comment la musique est-elle entrée dans votre famille ?

Minuit10 est composé de quatre musiciens, dont trois sont issus de la même fratrie. Tous les trois, nous avons eu la même éducation musicale et vibré avec les mêmes artistes. Les expériences musicales de chacun se sont multipliées. Le groupe est né de la fratrie en 2009. Matis, notre bien-aimé bassiste, nous a rejoints en janvier 2013. À son arrivée le son du groupe a pris une autre envergure, sa sensibilité artistique nous inspire et nous soutient dans nos créations. Il est comme un quatrième frère pour nous.

Si vous deviez comparer votre musique à des saveurs culinaires, quels ingrédients choisiriez-vous ?

Prenez une ratatouille à la provençale, accompagnée de pommes de terre en robe des champs. Le tout doit mijoter à petit feu sous haute surveillance du chef. Assaisonnez et saupoudrez de garam masala, de coriandre, de curry, d’une pincée de safran et d’un soupçon de piment d’Espelette. La recette est en perpétuelle évolution mais elle vous donne déjà, si les ingrédients sont habilement dosés, une petite idée de l'ambiance épicée engendrée par le son de Minuit10 sur scène.


Hélène et Anne-Cécile